L'abandon du mâle en milieu hostile
L'abandon du mâle en milieu hostile — Le choix des libraires

Livres

"L'abandon du mâle en milieu hostile" de Erwan Larher chez Plon (Paris, France)

Résumé

«Je te haïssais. Avec tes cheveux verts, sales, tu représentais tout ce que j'exécrais alors : le désordre, le mauvais goût, l'improductive et vaine révolte juvénile. Tu malmenais ta féminité dans des bardes trouées, des guenilles comme jetées au hasard sur ton corps. Si tu avais été ma soeur, papa t'aurait reniée.
J'aurais voulu te voir traînée par les cheveux hors des salles, sous les injures, et rejetée au loin, loin de mon monde ; j'aurais souhaité te voir lavée à grande eau dans la cour et tes nippes brûlées dans un grand autodafé ; j'aurais aimé... Mais rien. Rien que tolérance démocratique et muette réprobation. J'enrageais.»

La suite ? Explosive. Entre la fille fantasque, rebelle, et le jeune garçon trop sage se noue une histoire d'amour dans laquelle celui-ci se jette à corps perdu, émerveillé.
Dans la France en pleine mutation du début des années 80, où le fric, les paillettes et les faux-semblants remplacent peu à peu les idéaux, le narrateur découvrira - tragiquement - un tout autre visage de sa belle compagne...

Après avoir travaillé dans l'industrie musicale, Erwan Larher décide de se consacrer à sa vocation d'écrivain. Auteur de deux premiers romans remarqués, Autogenèse et Qu'avez-vous fait de moi ?, il est également parolier et dramaturge.

Erwan Larher est né à Clermont-Ferrand. Après des études de lettres et de sciences politiques, il travaille plusieurs années dans l'industrie musicale avant de se consacrer totalement à l'écriture. Il est l'auteur d''Autogenèse et de Qu'avez-vous fait de moi ? publiés chez Michalon. L'abandon du mâle en milieu hostile est son troisième roman.

Le choix des libraires : choisi le 06/02/2013 par Hélène Reynaert de la librairie LA PAGE à LONDRES, Royaume-uni

Il parait que les opposés s'attirent. Soit. Lui, fils à papa bien intégré dans les rangs des «jeunes Libéraux», petit bourgeois sans vague au destin morne et plat comme la vague de ses cheveux bien lissés, elle, punk solitaire tatouée du A d'anarchie, marginale inspirant aussi bien le rejet que la fascination sur les bancs d'école... et partout ailleurs. Les parfaits négatifs l'un de l'autre donc, néanmoins sous la plume incandescente d'Erwan Larher ils vont se rencontrer, s'unir, s'aimer, s'épouser... il n'y aura pourtant pas d'enfants, puisque - «il faudra bien que j'en parle» - leur histoire est brutalement remise en question. Il faut croire qu'amour aveugle et mensonges ne sont pas des ingrédients de choix quand il s'agit du couple...
Tour à tour agaçant, pitoyable, attendrissant, désespérant, le narrateur de cette superbe déclaration à la femme aimée va jusqu'à se demander s'il «faut vraiment faire quelque chose de sa vie». En tout cas, une chose est certaine, l'auteur sait admirablement raconter celle des autres, dans une langue travaillée, crue et toujours juste. A découvrir !

La revue de presse : Jean-Claude Lebrun - L'Humanité du 14 mars 2013

Ce troisième roman confirme la qualité d'écriture d'Erwan Larher. Choix du sujet, rythme, maîtrise des registres, sensibilité, sens des situations et des dialogues  : on est d'emblée conquis par la richesse de la palette. Comme par un ton et un regard. Il y a de la fraîcheur dans cette littérature pourtant fortement lestée de tragique...
Erwan Larher tire magistralement les fils de son intrigue, véritable tableau d'époque...

La revue de presse : Florent Georgesco - Le Monde du 3 janvier 2013

Pas d'armes. Aucune guerre à livrer. Cet homme aime. Il ne fait d'ailleurs que ça. La guerre, chez lui, à savoir à Dijon, où il mène une paisible carrière de juriste, c'est sa femme qui la conduisait, non pas contre les hommes, mais contre le monde entier. Et ses armes étaient à ce point réelles que le sang a fini par couler, celui d'une victime innocente, puis le sien, laissant son mari face à un double deuil : celui de sa femme, et celui de ce qu'il pensait connaître d'elle, qu'il découvre terroriste. Il n'a connu qu'une moitié de cet être en qui la totalité de sa vie était absorbée. Cela ressemble à un problème mathématique : que lui reste-t-il ?...
Rien. Le désert est le plus hostile des milieux hostiles...
Avant de rencontrer la future terroriste, " personne n'existait vraiment. Pas même moi, à la réflexion. C'était comme un jeu de rôle joué par des automates ". Redevenu automate, il raconte son bref passage dans la vie humaine. Pour des raisons mystérieuses, et qui désormais le resteront à jamais, une femme lui avait accordé cette grâce.

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