"De la nature, De rerum natura" de Lucrèce chez Belles lettres (Paris, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

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De la nature, De rerum natura
De la nature, De rerum natura — Le choix des libraires

Résumé

Texte établi par A. Ernout, présenté et traduit par Olivier Sers
Édition bilingue

Guérir le mal de vivre par la promesse du néant, soigner l'angoisse par la contemplation des lois d'un monde fruit du hasard, de la liberté et de la logique, où rien ne se perd ni ne se crée, composer un traité de physique en vers enluminés de poésie et de beauté, de désespoir et de gaîté, tel est le pari réussi de Lucrèce, dont le De rerum natura nous donne le seul exposé systématique de la doctrine épicurienne que nous ait légué l'Antiquité, amère absinthe enrobée de miel, mais aussi potion magique, grosse pour le meilleur et pour le pire de la «maîtrise et possession de la nature», livre de chevet de Montaigne, de Pascal et de Frédéric le Grand. «Il faut parler avec respect de Lucrèce» (Gustave Flaubert).

Traduction d'Olivier Sers en alexandrins, vers pour vers.

Titus Lucretius Carus est né à Rome vers 98 avant J.-C. Nous ne savons que peu de choses de sa vie. Sans doute appartenait-il à l'antique et brillante famille des Lucretii Tricipitini, sans doute aussi ce descendant de plusieurs consuls préféra ne prendre aucune part aux affaires publiques, car, comme il l'écrivit «suave mari magno aequora ventis...», «il est doux, quand sur la grande mer les vents soulèvent les flots, d'assister de la terre aux rudes épreuves d'autrui». Il mourut vers 55. Saint Jérôme raconte qu'un philtre d'amour l'avait rendu fou et qu'il composa le De la Nature dans les répits de son délire. Il s'agit probablement d'une légende, même s'il n'est pas interdit de penser que Lucrèce s'est suicidé.

Olivier Sers est l'auteur, dans la collection «Classiques en poche» des traductions des Satires de Juvénal (2002), des Métamorphoses d'Apulée (2007), du Satiricon de Pétrone (2001), des Métamorphoses d'Ovide (2009) ainsi que des Tragédies de Sénèque (2011).

Courier des auteurs le 15/12/2012

1) Qui êtes-vous ? !
Un passeur

2) Quel est le thème central de ce livre ?
L'angoisse

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
Les vers 1073-75 du chant III

Car il s'agit d'éternité et non d'une heure,
Éternité ou les mortels devront passer
Le temps qu'après la mort il leur reste à courir.

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
La musique des sphères

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
La curiosité.

La revue de presse : Roger-Pol Droit - Le Monde du 15 novembre 2012

" Mais il est doux de voir à quels maux on échappe " : ce vers de l'épicurien Lucrèce (Ier siècle av. J.-C.) est célèbre. Il figure au début du chant II de son poème philosophique De la nature et s'applique à la satisfaction ressentie par ceux qui contemplent, du rivage, le naufrage des autres. Mais rien n'interdit de lui faire dire autre chose. Par exemple, qu'il est doux de voir comment de nouvelles traductions nous font échapper aux maux des anciennes. C'est le cas, notamment, de la version française de cette oeuvre-clé, due au travail d'Olivier Sers, qui a réussi l'exploit de composer en alexandrins (non rimés) un équivalent rigoureux de l'original.

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