"L'ascenseur social est en panne : À quoi sert encore l'école" de Aurélie Ledoux chez Flammarion (Paris, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

— 

L'ascenseur social est en panne : À quoi sert encore l'école
L'ascenseur social est en panne : À quoi sert encore l'école — Le choix des libraires

Résumé

Indice de bien-pensance, «l'ascenseur social» et sa panne ne constituent plus depuis longtemps une ligne de clivage politique : son «programme» fait consensus à gauche comme à droite. Pourtant il y a déjà matière à s'étonner de ce que l'on considère l'ascenseur social comme un point de programme, ou même comme un principe politique : à proprement parler, cette métaphore renvoie à la mobilité sociale et n'est donc d'abord qu'un outil conceptuel, issu des sciences humaines, pour décrire et mesurer les réalités socio-économiques d'États fondés sur un idéal méritocratique. Ce déplacement sémantique, qui consiste à prendre une métaphore au pied de la lettre et donc à substituer une image de mobilité à une idée de justice, n'est évidemment pas un hasard : passer la conséquence pour le principe («la justice, c'est la redistribution», abolissant au passage la réflexion sur la norme de justice sous-jacente à toute redistribution), mais encore de réduire un problème politique à une difficulté technique (quels procédés mettre en oeuvre pour redonner de la mobilité sociale, c'est-à-dire «réparer» la société ?).
Le paradoxe, qui n'est pas des moindres, est de se référer ainsi implicitement à une justice sans principe. En ce sens, l'expression d'«ascenseur social» participe bien de la novlangue : si elle remplace volontiers celle de «justice sociale», c'est parce qu'il s'agit, tout en en parlant, de n'en rien dire.

La collection Antidote
Halte aux consensus mous, aux fausses évidences, à l'opposition stérile des experts !
Bienvenue à tous ceux qui veulent se construire un avis, par et pour eux-mêmes.
Impertinents et critiques, ces petits antidotes au prêt-à-penser leur sont dédiés.

Aurélie Ledoux enseigne à la philosophie au Lycée Georges Dumézil à Vernon dans l'Eure. L'Ascenseur social est son premier livre.

La revue de presse : Philippe Arnaud - Le Monde du 22 novembre 2012

Nous sommes tous des Julien Sorel et ressentons tous la nostalgie d'une époque où l'on pouvait (ou croyait pouvoir) sortir de son milieu. De ce point de vue, Le Rouge et le Noir, de Stendhal, est le premier roman de la panne de l'ascenseur social, affirme Aurélie Ledoux dans ce petit livre incisif sur l'école. Professeure de philosophie au lycée de Vernon (Eure), l'auteur appuie là où ça fait mal, mais sait aussi être nuancée...
Dans les discours officiels sur l'école, la notion de connaissance disparaît au profit de celle de réussite, déplore Aurélie Ledoux. L'école devrait assurer la réussite de tous ? Ce n'est pas toujours ce que l'on a attendu d'elle ! fait-elle remarquer. L'idée selon laquelle l'école doit fournir à la société ce dont elle a économiquement besoin date, en fait, des "trente glorieuses". La mission de l'école va se définir, de plus en plus, par le développement des "compétences" et de l'"employabilité".

Retrouvez la fiche complète sur le choix des libraires