"Jean Yanne, 1933-2003 : à rebrousse-poil" de Bertrand Dicale chez First Editions (Paris, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

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Jean Yanne, 1933-2003 : à rebrousse-poil
Jean Yanne, 1933-2003 : à rebrousse-poil — Le choix des libraires

Résumé

Qui n'est pas attendri au souvenir de Jean Yanne ? de ses yeux de cocker, de sa voix pleine de gouaille ? de ses sketchs, de ses films ou de ses multiples emplois de Français moyen, râleur, vachard et égoïste ? Et qui, aujourd'hui, l'a remplacé ?

Enfant des banlieues ouvrières, Jean Yanne traitait avec un égal mépris les bourgeois arrogants et les révolutionnaires en chambre. Au cinéma, à la télévision, à la radio, au cabaret, en chanson et même en bande dessinée, ce touche-à-tout génial traquait sans répit les ridicules de son temps.
Sans autre boussole que sa haine des cons et des snobs, il incarnait des types bourrus au coeur d'or comme les crapules les plus ignobles, jouant aussi bien chez Chabrol, Godard et Pialat que dans des comédies populaires ou des téléfilms à succès.

Indomptable, Jean Yanne fut également vilipendé plus souvent qu'à son tour. On le traita d'anarchiste, de démagogue ou d'affreux réac. De contradictions, il ne manquait certes pas : faux dur, clown triste, bourreau de travail nonchalant...
Ce livre retrace le parcours personnel et artistique de ce personnage haut en couleur et ô combien attachant à travers une enquête méticuleuse et de nombreux témoignages, critiques et articles de presse de l'époque. On y découvre un homme qui, à l'instar de beaucoup de comiques, cachait sous des dehors d'ours mal léché une tendresse immense. Et qui, en disparaissant il y a une dizaine d'années, nous a laissés orphelins de son talent unique et de sa liberté insolente.

Bertrand Dicale explore les cultures populaires depuis une vingtaine d'années dans la presse, à la radio et à la télévision. Il est l'auteur de nombreuses biographies à succès consacrées à Juliette Gréco, Serge Gainsbourg, Louis de Funès, Georges Brassens...

Courier des auteurs le 05/01/2013

1) Qui êtes-vous ? !
Je suis un journaliste que passionne notre culture populaire - les films, les chansons, les références que nous partageons tous, et qui en disent plus long sur nous que beaucoup de livres d'histoire dite "sérieuse". C'est pourquoi j'aime plonger dans la vie de personnages que nous connaissons et aimons tous pour y trouver ce qui nous unit.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Depuis qu'il est apparu comme artiste de cabaret, dans les années 50, Jean Yanne n'a cessé de prendre ses contemporains à rebrousse-poil. On l'a traité d'anarchiste, de réactionnaire, de gauchiste, de poujadiste, et toujours avec raison : il a toujours heurté avec plaisir les catéchismes et les conformismes, même si cela devait lui coûter.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
"Son histoire est celle d'un esprit singulier qui s'est toujours refusé à la docilité. Il a été renvoyé de toutes les radios dans lesquelles il a travaillé, renvoyé de la télévision, voué aux gémonies par le choeur des gardiens de tous les temples. Et il reste aimé. Il reste indispensable. Comme si nous n'avions jamais assez d'être pris à rebrousse-poil."

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Une chanson de Jean Yanne, évidemment. Une chanson triste comme "Du pain aux oiseaux" qui parle de sa jeunesse perdue et que l'on a jouée à son enterrement, ou "Il a chaud Bibi", chanson de film hilare et désespérée : «Quand on est dans le chobizenesse/On n'a pas de pudeur, on tapine et c'est tout/On vend sa tête, on vend ses fesses/Tout le monde il est beau, il veut avoir des sous».

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
La jubilation d'un esprit à la fois sale gosse et revenu de tout, sardonique et grave, rieur et triste. Une magnifique vie d'artiste dans le cinéma, la radio, la télévision, la chanson et même la bande dessinée.

La revue de presse : Marie-Noëlle Tranchant - Le Figaro du 13 décembre 2012

Dans son dernier livre d'aphorismes, J'me marre, Jean Yanne écrivait : «Je n'ai pas le sens de l'humour, j'ai le sens du ridicule.» Et peu de gens, peu de choses, échappent au ridicule, croqués par cette grande gueule de Parigot frondeur dans des sketches radiophoniques ou dans des films à grand spectacle socio-délirants. Alors que 2013 va marquer le dixième anniversaire de sa mort, Bertrand Dicale le fait revivre dans une minutieuse biographie, Jean Yanne, à rebrousse-poil...
Si Jean Yanne acteur prend une gravité et une épaisseur humaine qui révèlent une autre face de sa personnalité, plus tendre et plus triste, Jean Yanne réalisateur retrouve la verve satirique hénaurme de l'homme de radio et de télévision. «Comme tous les sceptiques, il voit surtout, dans une révolution, ce qu'elle ne change pas, observe Dicale à propos de son deuxième film, Moi y'en a vouloir des sous. Il contemple, goguenard, les complicités qui unissent tous les acteurs des conflits sociaux. Patronat, syndicats, organisations gauchistes (...) lui paraissent être de connivence - sinon le monde changerait vraiment.» L'argent cimente tout ; les choses ont-elles vraiment changé ?

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