"Kashmeer. Volume 1, La danse de Kali" de Fred Le Berre chez Glénat (Grenoble, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

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Kashmeer. Volume 1, La danse de Kali
Kashmeer. Volume 1, La danse de Kali — Le choix des libraires

Résumé

Quand on ne sait plus à qui se fier...

Paul Stevens est un brillant chercheur en chimie à Normale Sup'. Il est éperdument amoureux d'une jolie métisse indienne qu'il croise chaque semaine, Gîta. Un bel avenir pourrait se dessiner pour ces deux brillants esprits ! Malheureusement, le contexte politique et économique n'est pas à l'amour et encore moins à l'insouciance... En effet, suite à un attentat meurtrier commis à la Défense, la curiosité de Paul pour la culture indienne et pour Gîta en particulier, vont être instrumentalisés...
Paul se retrouve alors pris dans la toile compliquée des pouvoirs occultes et du jeu des services secrets français et étrangers... Pour survivre et ne pas trahir ses valeurs, il devra franchir bien des épreuves et puiser en lui des ressources qu'il ignorait avoir...

LE CACHEMIRE, ZONE DE CONFLIT ET FOYER SPIRITUEL

Dire du Cachemire qu'il est une poudrière n'est pas un vain mot.
Depuis 1948, trois guerres y ont déjà opposé l'Inde et le Pakistan. À plus de 6 000 mètres d'altitude, les deux pays continuent de s'y livrer sporadiquement à des échanges d'artillerie autour du glacier de Siachen. Ce conflit, qui ravage ce qui devrait être un sanctuaire inviolé, a fait plus de 8 000 morts en une trentaine d'années, auxquels s'ajoutent toutes les victimes de la situation de guerre civile larvée qui prévaut côté indien, dans le Jammu-et-Cachemire. Et pour couronner le tout, la Chine règne sur une partie du Cachemire, sans rien faire pour apaiser les tensions. L'enjeu est notamment le contrôle de l'eau, puisque de nombreux fleuves vitaux pour des centaines de millions d'individus prennent leur source à ces altitudes.
Point de convergence et de déflagration de tous les facteurs antagonistes qui déstructurent le monde (radicalisme religieux, fracture entre l'Occident et l'Orient, surarmement et ravages environnementaux), le Cachemire se trouve également être le lieu où est né voici plus de sept mille ans un courant mystique, scientifique et artistique, le tantrisme shivaïte, dont la tradition s'est transmise intacte et de manière ininterrompue depuis les temps antiques.
Sur les hauts plateaux du Cachemire, au flanc des plus vertigineux sommets, coexistent les germes de la plus inepte des destructions et ceux d'une forme de sagesse.

Courier des auteurs le 27/08/2012

Votre histoire, pleine d'action et de romance, est fortement teintée de politique. Est-ce une volonté de faire passer un message par la fiction ?
La dimension politique qui sous-tend toute l'histoire s'appuie sur un constat de la réalité géopolitique, tant à l'échelle mondiale que strictement française, bien plus que sur la volonté de faire passer un message, au sens partisan du terme. Pour autant, ce constat suscite des questionnements chez les personnages de l'histoire et les pousse à se positionner sur un plan moral et/ou philosophique. Il va sans dire que leurs interrogations sont un peu les nôtres (à Michel et à moi) et que nous partageons leur cheminement. Petite précision supplémentaire, les situations ne sont pas considérées sous un angle unique et manichéen. Si certains personnages font preuve d'un réel cynisme (sur la base de personnages et situations réels), il en est d'autres qui participent à leur corps défendant aux manoeuvres moralement douteuses. Rien n'est simple, rien n'est nettement tranché. Mais des questions sont posées.

Est-ce que votre histoire est une uchronie ou notre futur possible, selon vous ?
L'histoire n'est pas conçue comme une uchronie stricto sensu, mais elle peut tout à fait constituer un futur possible. Plus précisément, elle est une pure fiction contemporaine fondée sur des éléments de réalité. Il n'y a pas eu d'attentat à la bombe à l'Arche de la Défense, mais Paris et d'autres capitales européennes ont déjà connu des attentats de cette nature. La DCRI et les services français n'ont a priori jamais été impliqués dans une affaire exactement similaire à celle présentée dans l'histoire, mais celle-ci fait écho aux événements (y compris très récents, c'est dire si nous avons été prophètes) dont le public a eu vent (affaire Merah à Toulouse, démantèlement de groupes djihadistes dans le Val d'Oise et le Nord de la France). De même, toute l'histoire s'inscrit dans le contexte de grande instabilité politique au Moyen-Orient, de conflit larvé entre l'Inde et le Pakistan, de retrait des forces occidentales d'Afghanistan, qui est exactement celui que nous connaissons en ce moment...

Est-ce que, comme votre personnage Paul Stevens, vous avez une fascination pour l'Inde ? Est-ce que l'histoire nous emmènera là-bas ?
Bien sûr, l'histoire dans les deux tomes suivants va se transplanter là-bas, plus précisément dans un vaste triangle allant du nord de l'Inde (dans le Cachemire à la frontière de la Chine) à Islamabad au Pakistan et dans une vallée imprenable au nord de Kaboul en Afghanistan. Sinon, l'Inde et l'Orient au sens large sont des régions fascinantes (à mes yeux autant qu'à ceux de Michel, qui est un fin connaisseur de l'Inde et de l'Afghanistan), d'autant plus qu'elles sont au point de jonction entre un monde occidental dont les valeurs et l'aura sont à certains égards vacillantes, et une tradition bien plus ancienne dont tous les mystères n'ont pas été révélés.

Comment s'est enclenchée cette nouvelle collaboration avec Fred Le Berre ?
Je lui ai exposé l'intention générale de l'histoire, son déroulé chronologique, les accords nécessaires entre les différents événements compris dans cette aventure. Nous avons aussi parlé du sens donné par les situations politiques de l'arrière-plan, à savoir l'action destructrice de toutes les sociétés industrielles occidentales à l'égard des grandes civilisations traditionnelles restant encore en vie.

Kashmeer laisse beaucoup de place à l'action, mais les émotions des personnages sont aussi très importantes. Comment avez-vous appréhendé cet équilibre ?
Sans jamais vraiment y penser. Contrôler ou tenter de forcer un équilibre entre l'action et les sentiments aboutirait à quelque chose d'artificiel. Les sentiments viennent de la situation, spontanément.

Cette histoire se déroule dans Paris tel que nous le connaissons, pourtant le contexte géo-politique est différent du nôtre, plus dramatique encore. Avez-vous décidé avec le scénariste de la particularité de ce contexte ?
Je le lui ai proposé et il l'a accepté ! Pour le reste, tout le découpage et les dialogues auxquels je participe un peu sont de Fred Le Berre : nous nous connaissons bien. Je pense par ailleurs que la violence du contexte géo-politique actuel est encore bien plus dramatique. Mais ce terme «dramatique» ne convient pas tout à fait à l'idée que nous voulons exprimer ; cette destruction de l'Orient par l'hégémonie occidentale est au fond un mal nécessaire pour que les civilisations traditionnelles disparaissent, car c'est en réalité le projet inavoué du monde moderne. N'ayant alors plus aucune raison d'être, ce dernier disparaîtra également, mais de lui-même. Cette conclusion n'a rien de mystérieux, elle correspond à celle de la théorie des cycles de la tradition hindoue qui est la référence ultime de ce récit.

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