"Thémidore ou Mon histoire et celle de ma maîtresse" de Godard d' Aucourt chez Table ronde (Paris, France)

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Thémidore ou Mon histoire et celle de ma maîtresse
Thémidore ou Mon histoire et celle de ma maîtresse — Le choix des libraires

Résumé

Jeune conseiller au Parlement, le narrateur rencontre Rozette à l'occasion d'une partie fine. Il s'en éprend aussitôt. Passe chez elle le plus clair de son temps. Lui laisse l'initiative dans leurs débats amoureux. Averti de cette liaison scandaleuse, le père du conseiller fait enfermer Rozette au couvent de Sainte-Pélagie. Son amant devra déployer des trésors d'imagination pour qu'elle parvienne à s'en échapper.
Dans ce court roman publié en 1745, Godard d'Aucourt ne ménage ni les puissants ni la religion. Il excelle dans l'ironie, dans la périphrase suggestive. L'impertinence de son esprit et la vivacité de son style ont enchanté Maupassant, selon lequel «Thémidore est une merveille de grâce décolletée».

Ce court roman de 1745 s'ouvre sur un cri de victoire ; «Enfin, j'ai possédé la belle Rozette.» Convié à une partie fine, le narrateur, jeune conseiller au Parlement, «fait canapé» avec Laurette, puis avec Argentine ; Rozette, qui a tout entendu de la chambre voisine, apparaît. Aussitôt, il s'en éprend. Passe chez elle le plus clair de son temps. Lui laisse l'initiative dans leurs ébats amoureux. Averti de cette liaison scandaleuse, le père du conseiller fait enfermer Rozette au couvent de Sainte-Pélagie. Il faudra bien des complicités et des ruses pour qu'enfin, elle soit libérée. Réédité tout au long du XVIIIe siècle, Thémidore a été interdit à deux reprises sous la Restauration pour «outrage aux bonnes moeurs». Godard d'Aucourt ne ménage ni les puissants, ni la religion, soupçonnant par exemple les tableaux du parloir Sainte- Pélagie, représentant des anges nus, d'être «capables de donner à tout le couvent des tentations très peu archangéliques». Il excelle dans l'ironie, l'impertinence et surtout, dans les périphrases suggestives : «J'étais dans une position si agréable que je n'osais en sortir, et elle était si voluptueuse qu'elle me faisait sentir qu'il y en avait une autre qui l'était davantage. Je la demandai, on me la refusa ; je voulus la ravir, on me disputa la victoire ; j'allais triompher lorsque Mlle de Noirville entra.» Ce style crépitant a enchanté Maupassant, pour qui «Thémidore est une merveille de grâce décolletée». De Claude Godard d'Aucourt (1716-1795), on sait peu de chose, sinon qu'il était né à Langres, qu'il fut fermier général (1754) puis receveur général des Finances à Alençon (1785). En même temps que Thémidore, il a publié un autre roman libertin intitulé Les Mémoires turcs, avec l'Histoire galante de deux jeunes Turcs durant leur séjour en France.

Né à Langres en 1716, Claude Godard d'Aucourt fut fermier général, puis receveur général des finances à Alençon. En même temps que Thémidore, il a publié un autre roman libertin, Les Mémoires turcs, avec l'Histoire galante de deux jeunes Turcs durant leur séjour en France.

La revue de presse : Macha Séry - Le Monde du 18 octobre 2012

On badine dans cette littérature de transports. On y soupe bien. On y chante. On y échange des propos enjoués. On y manie le double sens avec subtilité. On s'y adonne au voyeurisme autant qu'à la philosophie. On ne force rien ni personne, tous les adultes sont consentants. L'élégance rime avec l'extravagance, la fausse ingénuité avec l'ingéniosité. La malice augmente les délices. En 1882, dans Le Gaulois, Maupassant qualifiait Thémidore de " merveille de grâce décolletée ", d'" impur chef-d'oeuvre " qui ferait rougir, disait-il, " nos prêcheurs doctrinaires, ces empêcheurs de danser en rond, farcis d'idées graves et de préceptes pudibonds ".

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