"Echapper à la philosophie ? Lecture de Lévinas" de Gilles Hanus chez Verdier (Lagrasse, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

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Echapper à la philosophie : lecture de Lévinas
Echapper à la philosophie : lecture de Lévinas — Le choix des libraires

Résumé

Nous souhaitons faire crédit à Lévinas, lui accorder la puissance que l'Université lui refuse en le canonisant : celle d'échapper, dans l'exercice de la pensée, au moins ponctuellement, à la philosophie. C'est lui rendre justice tant il aspirait à une telle puissance qu'il s'efforçait d'actualiser de livre en livre.

C'est donc la question de l'actualité de Lévinas que nous soulevons, et nous la soulevons avec lui, dans sa trace. Car il arriva à Lévinas, en 1935, dans la tourmente, de se demander ce que signifiait l'actualité d'une pensée : celle de Maïmonide.

L'actualité d'une pensée, c'est sa capacité à être actualisée par le lecteur. Elle désigne la façon dont on peut respirer dans un texte, y construire sa propre pensée - ce qui ne saurait signifier en répéter inlassablement les thèses sans les interroger, mais souffler sur les braises selon le dire de Rabbi Éliézer que Lévinas aimait à citer. L'actualité d'une pensée est son incandescence, sa possibilité, moyennant le souffle du lecteur, de redevenir feu.

Nous voudrions montrer comment Lévinas fut conduit au bord de la philosophie, dans les marges de l'histoire, comment sa pensée procéda avant tout d'une percée hors de l'histoire, avant d'examiner plusieurs des voies
par lesquelles il accomplit un pas hors de la philosophie.

Gilles Hanus enseigne la philosophie au lycée. Il a été durant de nombreuses années l'élève de Benny Lévy. Il dirige actuellement les Cahiers d'études lévinassiennes.

La revue de presse : Eric Aeschimann - Le Nouvel Observateur du 29 novembre 2012

En revisitant Levinas à partir de grands thèmes (sa place à l'université, Sartre, la pensée grecque), Gilles Hanus fait oeuvre salutaire. Certes, Levinas a combattu l'universalisme des Lumières et voyait la source de la Shoah chez Hegel (on n'est pas obligé d'être d'accord). Mais son but était moins de détruire la philosophie européenne que de rappeler l'existence, à côté, d'un autre mode de pensée. Un registre métaphysique, où il ne s'agit plus de créer du nouveau, d'être actif, de s'épanouir, mais de recevoir l'ancien, d'apprendre la passivité, de s'oublier.

La revue de presse : Roger-Pol Droit - Le Monde du 11 octobre 2012

Que peut-il arriver de pire à un penseur ? Etre oublié, censuré, mal interprété... certes. Mais il existe une situation plus retorse et dommageable que ces mésaventures courantes. Devenir objet de piété, finir comme bâillonné par la vénération de ses contemporains : la pensée est célébrée, le nom exalté, les textes commentés, pourtant aucun des enjeux centraux de l'oeuvre n'est clairement interrogé...
Cette analyse va susciter de prévisibles débats, prolongeant ceux qui ont eu lieu depuis la mort de Levinas. Il est vrai que l'enjeu des interprétations de l'oeuvre, de son héritage et de sa postérité, n'est pas rhétorique. Dans ces combats, l'intervention de Gilles Hanus invente un genre nouveau. On pourrait l'appeler " procès en décanonisation ". Son enjeu : préserver la vitalité d'une pensée dont l'actualité est encore à venir.

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