"L'ange rouge" de Nedim Gürsel chez Seuil (Paris, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

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L'ange rouge
L'ange rouge — Le choix des libraires

Résumé

Le biographe turc de Nâzim Hikmet se rend à Berlin, où un mystérieux personnage lui a donné rendez-vous afin de lui remettre des dossiers très importants concernant le poète. À leur lecture, il comprend qu'il s'agit de documents de police relatifs à la vie privée et l'engagement de Hikmet, alors réfugié en Europe de l'Est après avoir connu la prison dans son pays, et que son interlocuteur, qui se fait appeler «Ange», n'est autre qu'un ancien agent de la Stasi. Celui-ci, homosexuel et «vieux fusil», a été amoureux du poète et de sa cause. Dans une longue évocation de Berlin avant et après la chute du Mur, le biographe s'interroge sur ce personnage ambigu et sur les tragédies du XXe siècle. Il se souvient aussi de son grand amour, une chanteuse de cabaret dont il ignore qu'elle travaille désormais dans un lupanar sordide de la capitale de l'Allemagne unifiée. Construit en trois parties à la jonction d'Istanbul, Moscou et Berlin, ce roman rassemble tout ce qui traverse l'oeuvre de Nedim Gürsel : sa passion pour les villes et leur littérature, pour la Turquie et son histoire, pour l'errance et la poésie.

Né en Turquie en 1951, Nedim Gürsel est l'auteur d'une trentaine d'ouvrages, romans, nouvelles, récits de voyage, essais littéraires. Lauréat de plusieurs grands prix littéraires, dont le Prix France-Turquie, il occupe une place primordiale dans la littérature de son pays et son oeuvre est traduite dans de nombreuses langues. Il vit à Paris, où il est directeur de recherche au CNRS et enseigne à l'École des langues orientales.

La revue de presse : Françoise Germain-Robin - L'Humanité du 8 novembre 2012

Dans ce dernier roman, les lecteurs attentifs de Nedim Gürsel ne seront pas surpris de retrouver ses obsessions, l'amour de la Turquie, celui de Nazim Hikmet, le grand poète turc à qui il a consacré une partie de sa vie, le combat pour la liberté - lui, qui, comme Nazim, a connu l'exil pour raison politique. Mais cette fois, les thèmes chers à l'écrivain sont traités d'une manière entièrement nouvelle, dans une sorte de « mentir vrai » qui mêle vérité et fiction si intimement qu'on ne sait plus distinguer le vrai du faux, pour peu qu'on se soit laissé prendre au suspense de ce récit foisonnant qui commence comme un roman d'espionnage.

La revue de presse : Marc Semo - Libération du 18 octobre 2012

Nedim Gürsel connaît très bien la vie de Nazim Hikmet à qui il a consacré plusieurs livres, et il a vécu à Berlin-Ouest dans ces années d'avant la chute du Mur où de nombreux militants turcs de gauche et d'extrême gauche s'étaient réfugiés après le coup d'Etat militaire de septembre 1980. Ce biographe qui lui ressemble tant se trouve plongé dans un mélancolique voyage «dans ce temps d'autrefois qui n'appartient qu'à nous car les jeunes ne connaissent pas et ne veulent pas connaître ce Berlin qui s'identifiait au mur qui le traversait et le coupait en deux». Les temps se télescopent, au fil d'un roman qui est une réflexion sur les engagements et les inévitables compromissions de trois générations.

La revue de presse : Catherine Simon - Le Monde du 11 octobre 2012

Nedim Gürsel romance l'exil du poète communiste Nâzim Hikmet en Europe de l'Est...
Ce sont ces restes - d'une vie, d'une ville, d'une époque - que Nedim Gürsel explore avec ce mélange de désespoir et de gourmandise qui est sa marque de fabrique. En " ogre délicat, qui se nourrit de mondes engloutis ", comme l'avait joliment noté Camille de Toledo (Le Monde du 20 novembre 2009), il réussit, une nouvelle fois, à faire grimacer les fantômes d'une Europe disparue.

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