"La lumière est plus ancienne que l'amour" de Ricardo Menéndez Salmon chez Jacqueline Chambon (Paris, France)

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La lumière est plus ancienne que l'amour
La lumière est plus ancienne que l'amour — Le choix des libraires

Résumé

Un lundi de 1348, alors que l'Europe sort de la peste noire, le futur pape Grégoire XI vient exiger du peintre toscan Adriano de Robertis qu'il détruise sa dernière oeuvre, la blasphématoire Vierge à barbe. Le 25 février 1970, Mark Rothko se tranche les veines dans son atelier de New York. Et le 11 septembre 2001, alors que se profile une crise mondiale, Vsévolod Semiasin, un célèbre peintre russe, écrit une lettre dans laquelle il révèle les raisons de son geste fou : manger la toile qu'il vient d'achever. L'histoire de ces trois maîtres, dont la base est l'énigme de cette Vierge à barbe, pose Une question unique : celle du rôle et du pouvoir de l'art. Entre ces trois destins, Bocanegra, le narrateur, tisse des liens qui recoupent les moments cruciaux de sa vie dont chacun entre en résonance avec l'histoire racontée.

Proche par sa thématique du Chef-d'oeuvre inconnu de Balzac, La lumière est plus ancienne que l'amour excède le roman, comme une oeuvre d'art est toujours plus riche que l'interprétation qu'on en peut faire. Les fulgurances intellectuelles et les trouvailles romanesques en font un bonheur de lecture.

Ricardo Menéndez Salmon est né à Gijón en 1971. Après des études de philosophie, il a publié des récits, des essais philosophiques et une trilogie : La Trilogie du mal, dont Actes Sud a publié L'Offense en 2009, et les Editions Jacqueline Chambon Le Correcteur puis La Philosophie en hiver en 2011. Traduit en six langues, lauréat de prestigieux prix, il est l'un des écrivains les plus prometteurs de la nouvelle génération espagnole.

La revue de presse : Philippe Lançon - Libération du 8 novembre 2012

Son huitième roman, le quatrième publié en France, annonce et répète que la lumière est plus ancienne que l'amour. Le retour des idées et l'agencement des images sont une offrande musicale essentielle aux récits de Menéndez Salmón. Par elle, ils pénètrent leur inquiétude en tournant discrètement sur eux-mêmes, comme des vis dans du bois tendre. La lumière est plus ancienne que l'amour, raconte l'histoire de trois artistes : l'Italien Adriano de Robertis, peignant au XIVe siècle une Vierge à barbe que l'Eglise le force à faire disparaître. Le peintre letton et américain Mark Rothko, artiste qui devient, «après Turner qu'il admire, le plus grand libérateur de lumière de l'histoire de la peinture», et s'ouvre les veines comme pour finir dans la couleur. Le peintre russe Vsevolod Semiatin, né à Stalingrad, grandissant pendant la bataille, reçu par Staline au sommet du clocher du Kremlin pour supporter un cours elliptique et menaçant de réalisme socialiste...
La précision des descriptions, l'effet de fiction dans la réalité et de réalité dans la fiction, la nature hybride d'un livre mélangeant, comme les précédents, narration et réflexion, rendent les oeuvres des peintres imaginaires aussi vraies, sinon plus, que celles de Rothko. Le résultat rappelle le travail de Pierre Michon, dont Menéndez Salmón a préfacé une édition espagnole de l'Empereur d'Occident et Mythologies d'hiver. De Michon, il écrit : «Son génie est le lieu de l'épiphanie, la tache de sang sur le papier, un double oxymore : soleil noir d'une lumière obscure et pour toujours ineffaçable.» Michon«invente des biographies possibles d'artistes»pour aller vers la plus grande beauté, la plus grande vérité résiduelle.

La revue de presse : Eric Chevillard - Le Monde du 4 octobre 2012

Son roman articule quatre récits où fiction, théorie et autobiographie s'entremêlent comme dans les livres de son compatriote Enrique Vila-Matas, mais sans la désinvolture digressive de celui-ci, avec plus de rigueur formelle. Chaque partie vaut pour elle-même et cependant le fil romanesque ne se rompt pas, le drame relaté dans la première histoire ordonne souterrainement les suivantes.

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