"Le déni français : les derniers enfants gâtés de l'Europe" de Sophie Pedder chez Lattès (Paris, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

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Le déni français : les derniers enfants gâtés de l'Europe
Le déni français : les derniers enfants gâtés de l'Europe — Le choix des libraires

Résumé

Depuis des années, Sophie Pedder observe la France pour The Economist ; le journal le plus objectif et intransigeant au monde dans le domaine économique. La France est loin d'en avoir fini avec la réalité. Avant et pendant la campagne, tout a été dit par les principaux candidats pour protéger le modèle français : système de santé remarquable, longs week-ends, retraite de bonne heure, services publics bon marché avec, comme seule contrepartie jusqu'à présent, deux années de travail en plus, quelques points de TVA supplémentaires.
Quant aux programmes à venir, une nouvelle fois, on a l'impression que les dépenses seront supérieures aux recettes. Par rapport aux efforts consentis par d'autres pays, les Français restent les grands privilégiés, les enfants gâtés de l'Europe. Nous ne fonctionnons que dans le déni de la réalité économique, ce qui exaspère nos voisins et nous ridiculise aux yeux des nouveaux pays puissants. Plus les Français tarderont à agir, plus leur modèle aura de chance d'exploser.
On ne peut pas conserver un marché du travail qui ne fonctionne que pour favoriser les chômeurs et les emplois précaires. Il faut rapidement s'inspirer des exemples allemands et suédois pour redynamiser l'économie et stimuler l'esprit d'entreprise. Pour le monde, les atouts français sont incontestables mais les hommes politiques sont nos meilleurs ennemis en nous berçant d'illusions et en étant incapables de nous révéler la vérité.
La France n'a encore rien vu.

Depuis 2003, Sophie Pedder, de nationalité britannique, est la chef du bureau et la correspondante économique et politique de The Economist à Paris. Elle est diplômée d'Oxford et de l'université de Chicago. Elle a reçu le prix David Watt pour le meilleur article économique de l'année. C'est elle qui est à l'origine de la couverture de The Economist du mois d'avril 2012 sur le déni français, qui a suscité de nombreux débats.

Courier des auteurs le 02/10/2012

1) Qui êtes-vous ? !
Je suis la correspondante de The Economist à Paris.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
La France est le dernier pays européen de la zone euro qui refuse de voir la réalité en face. Le pays ne peut pas continuer à vivre au-dessus de ses moyens en s'endettant et en reportant sans cesse les choix difficiles.
Réformer le modèle français ne consiste pas pour autant à abandonner le principe de solidarité ni les services publics efficaces à l'image de la Suède, l'Allemagne et le Canada dans un passé récent.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
«L'accablante préférence française pour le chômage est la première injustice sociale et la preuve que le système est tout sauf protecteur.»

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
La sonnerie d'un réveil

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Leur amour de la France qui est un pays magnifique disposant de nombreux atouts mais qui risque de perdre son rang économique de 5ème puissance à défaut de s'adapter aux réformes accomplies par d'autres.
Ces réformes seront encore plus douloureuses si elles sont imposées sous la contrainte, demain.

La revue de presse : Jean Quatremer - Libération du 22 novembre 2012

Le regard extérieur que pose la journaliste britannique sur la France est passionnant, car il montre, chiffres et exemples à l'appui, l'extravagante prodigalité de l'Etat, mais aussi la profonde injustice d'un système qui conduit à accorder le même traitement aux riches et aux pauvres, au nom de la passion française pour l'égalité, et à surprotéger ceux qui sont dans le système au détriment de ceux qui en sont sortis, comme le montre le taux de chômage qui n'est jamais descendu, même en période de croissance, sous les 8% depuis vingt ans...
Il faut donc briser le cercle vicieux français, mais sans remettre en cause son «modèle». Sophie Pedder livre de nombreuses pistes possibles. Pourquoi la France compte-t-elle quasiment deux fois plus d'agents publics par habitant que l'Allemagne ? Pour quelles raisons le plafond de l'indemnisation du chômage n'est-il que de 2 150 euros au Danemark, contre 6 000 euros par mois en France, record mondial ? Un livre salutaire à lire d'urgence.

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