"Le Contretemps" de Nathalie Kuperman chez Ed. des Busclats (Paris, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

— 

Le Contretemps
Le Contretemps — Le choix des libraires

Résumé

Il y a vingt ans, Nathalie Kuperman publiait son premier roman qui s'intitulait déjà Le Contretemps, une histoire d'amour écrite à fleur de vie. Aujourd'hui, romancière confirmée, elle s'est replongée clans ce récit de jeunesse qu'elle réécrit, riche de son expérience d'écrivain et de femme. La rencontre, la passion, la carambole des coeurs, la vie en marge de la vie, la perte des repères, le mensonge, l'alcool pour s'aimer, se perdre, s'oublier. Nathalie Kuperman cible la fragilité des êtres et la cruauté des choses avec une précision digne de Georges Pérec. Son écriture à la fois douce et tranchante, le découpage de son récit en brefs tableaux, l'analyse lucide de cette passion qui court à la déraison nous plongent jusqu'au vertige au sein d'un jeu amoureux implacable comme une partie d'échecs.

Courier des auteurs le 01/10/2012

1) Qui êtes-vous ? !
Je me le demande tous les jours à l'aune de petits événements, et je me traque au plus près pour ne pas être trop lâche, ou trop peureuse. Nous traversons une période où il me semble que cette question est essentielle.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
L'échec annoncé. Qu'est-ce qui fait qu'on y va quand même, quitte à se heurter au pire, mais où le pire, du point de vue de la passion amoureuse, ressemble comme un frère au meilleur.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
Je me souviens du samedi matin, à Amsterdam, je pars acheter une brosse à dents et du dentifrice sous une pluie fine, serrée, le froid est excessif.

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Les variations Goldberg (je sais, ce n'est pas très original).

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
J'aimerais que les lecteurs se plient de rire parce que ça leur rappelle des souvenirs, mais ils riraient parce qu'ils auraient dignement dépassé ces situations grotesques. J'aimerais aussi qu'ils compatissent un peu, parce que, franchement, il y a des moments où ce n'est pas drôle !

6) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?
À part fumer, non, je ne vois pas. (Mais je fume pour un oui ou pour un non.)

7) Comment vous vient l'inspiration ?
Je crois que je ne peux plus répondre, tant j'ai donné de réponses différentes à cette question. Malheureusement, je ne suis pas quelqu'un d'inspiré. Écrire est toujours pour moi un effort, mais je ne peux pas en faire l'économie, sous peine de me ratatiner.

8) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?
Enfant, je n'aimais pas lire. Adolescente, j'écrivais des poèmes. Et je voulais devenir comédienne.

9) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lectrice) ?
Oui, ce fut Le ravissement de Lol V Stein de Marguerite Duras que j'ai lu à quinze ans, et qui m'a fait comprendre que lire pouvait être une activité qui s'apparentait à la vie réelle, parce que j'avais l'impression que j'étais Lol, et que le bal reflétait exactement ce que j'étais en train de vivre.

10) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !
Je réponds à cette question dans ma réponse à la précédente question.

11) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?
Je continue à pénétrer dans une librairie comme dans un lieu sacré, où je ne me sens pas forcément très à l'aise, parce que les livres m'impressionnent. Le fait d'écrire moi-même ne change rien à cela. J'aime acheter des livres. Hors de la librairie, je suis la première à démystifier l'écrivain. Peut-être parce que j'écris, justement, et que ça ne fait pas moi un être d'exception. Je déteste l'idée que, parce qu'on écrit, on se sente élu. Je suis archi-banale, et j'écris. C'est ainsi. (Mais j'ai profité de la question 11 pour répondre à une question qui ne m'était pas posée.)

Retrouvez la fiche complète sur le choix des libraires