"La nuit tombée" de Antoine Choplin chez la Fosse aux ours (Lyon, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

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La nuit tombée
La nuit tombée — Le choix des libraires

Résumé

Un homme sur une moto, à laquelle est accrochée une remorque bringuebalante, traverse la campagne ukrainienne.
Il veut se rendre dans la zone interdite autour de Tchernobyl. Il a une mission.
Le voyage de Gouri est l'occasion pour lui de retrouver ceux qui sont restés là et d'évoquer un monde à jamais disparu où ce qui a survécu au désastre tient à quelques lueurs d'humanité.

Né en 1962, Antoine Choplin a étudié l'économie mathématique et exercé quelques métiers où il était conseillé de porter la cravate. Il aime les échecs, la guitare, le piano. Et la montagne, la moyenne et la haute, et tout ce qui se cache derrière et que l'on découvre une fois au sommet. Aujourd'hui, il partage son temps entre l'écriture et l'action culturelle, entre Grenoble et Chambéry.
Il est l'auteur - entre autres - du Héron de Guernica (Rouergue) et de Radeau (Fosse aux ours).

Le choix des libraires : choisi le 31/08/2012 par Max Buvry de la librairie VAUX LIVRES à VAUX-LE-PÉNIL, France

Gouri est heureux, il conduit sa moto à laquelle il a adjoint une remorque bringuebalante. Une émotion contenue l'anime, il revient sur les lieux où il vivait avec sa femme et sa fille. Avant. Avant l'accident de la centrale de Tchernobyl. Avant sa fuite vers Kiev. A peine inquiet, sa mission dans la zone interdite le réjouit, revoir ses quelques amis qui sont demeurés sur place, revoir son appartement, là où sa fille Ksenia a fait ses premiers pas, à commencer de grandir. Il revient aussi pour elle, fera une halte chez Vera et Iakov, ses amis. Ils évoqueront quelques souvenirs, de leur joyeuse jeunesse, de ce monde disparu à jamais mais aussi de l'accident («Enterrer la terre, évacuer les gens.») et de ses conséquences permettant ainsi à Iakov d'oublier peut-être quelques instants sa maladie, puis Gouri partira remplir sa mission. Les courts récits d'Antoine Choplin sont toujours intenses, saisissants, une grande humanité émane de tous ses textes. Chaque mot est pesé, l'émotion affleure à chaque page, l'empathie pour les personnages inexorable. Incontournable !

Le choix des libraires : choisi le 31/08/2012 par Françoise Gaucher de la librairie LE COIN DES LIVRES à DAVÉZIEUX, France

Gouri revient en moto dans sa ville, Tchernobyl, deux ans après la catastrophe : derrière l'horreur, l'humanité teintée de pudeur. L'écriture d'Antoine Choplin est toujours parfaite et adéquate au thème, très sensible et pleine de poésie. Un roman touchant et humain.

Courier des auteurs le 12/12/2012

Antoine Choplin, Prix Roman France Télévisions 2012, répond au Questionnaire décalé, grâce à nos amis de «Un livre Un jour»

1) Qui êtes-vous ? !
Une construction moléculaire singulière et complexe... Mais disons, pour l'essentiel, un auteur - romancier et poète - d'une part, et un acteur culturel d'autre part, tachant d'innover en matière de diffusion et de mise en démocratie de l'art et de la culture - dans le cadre de l'association Scènes Obliques que j'ai fondée en 1992 -.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Dans ce livre comme dans presque tous les autres, je m'intéresse à la part d'humanité irréductible, et qui se distingue d'autant mieux - par effet de contraste si l'on veut - que l'arrière plan, en convoquant nos barbaries, est sombre.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
Exercice impossible et qui n'a pas de sens pour moi. C'est la mise ensemble des mots qui fabrique (peut-être) quelque chose, sans à-coups, sans phrase géniale ou essentielle.

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Peut-être du Bach, peut-être "la Passion selon St Mathieu"

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
La part de lumière de mes personnages.

6) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?
J'écris dans le silence absolu, toujours au même endroit (mon bureau). Plutôt le matin, et dans la plénitude recherchée de mes moyens. Il s'agit de se consacrer pleinement à l'univers du texte, les personnages.

7) Comment vous vient l'inspiration ?
L'inspiration, c'est un mot que je ne comprends pas bien. Il s'agit plutôt de travail, de temps consacré à. Ces deux leviers confèrent à toute chose une épaisseur romanesque. Bien sûr, tout cela dans l'univers que dessinent mes thèmes récurrents, évoqués plus haut.

8) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?
Oui, je me suis dit ça, de loin en loin, régulièrement. L'écriture est entrée, pour partie, par le jeu et un intérêt et une fascination à l'adolescence pour le mouvement OULIPO.

9) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ?
Il y a eu 1984, d'Orwell, lu à 14 ans. Peu après je pense, les textes de Vian. Pas mal de polars aussi.

10) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !
Drôle de question... A des choses très diverses en fonction de ce qu'ils sont les uns et les autres ! Peut-être à peu de chose pour certains, qui cultiveraient un retrait au monde, physique, thématique et qui ne sont que très peu lus (ce peut être des écrivains admirables); d'autres s'engagent en faveur de causes ou proposent un regard alternatif et éclairant sur le monde dans une approche très publique...
En tout cas, pour ce qui est de la qualité réelle des écrivains et de leur oeuvre, la question de leur utilité ne donne d'après moi aucune indication.

11) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?
Pour l'écrit, elles sont le lieu de la multitude. Dans un espace-temps ramassé, tout peut être convoqué d'un geste de la main, d'un regard. Ce sont les lieux de la parole aussi, même chuchotée, même furtive, échangée sur les textes. Dans les livres que j'ai lus, je crois distinguer clairement deux ensembles : ceux dont j'ai parlé, et les autres. Et enfin, les librairies sont tenues par des hommes et des femmes qui font un choix engagé de vie, ça force souvent le respect.

La revue de presse : Christine Ferniot - Lire, octobre 2012

Gouri revient dans son village, abandonné à la suite de la catastrophe de Tchernobyl. Avec poésie, Antoine Choplin décrit la déréliction de ces lieux...
Dans La Nuit tombée, Antoine Choplin nous rappelle que l'écriture est l'ultime rempart contre l'oubli et la fin d'un monde. Pas de chair, pas de gras dans ses phrases courtes. L'auteur semble gratter chaque ligne pour n'en donner que l'essentiel et nous laisser le choix d'ajouter le décor et la psychologie. Pourtant, tout est dit : l'ombre et la lumière, la peur et le silence, les frémissements imperceptibles du souvenir.Poétique et glaçant, ce livre dense est un chant crépusculaire d'une beauté saisissante.

La revue de presse : - Le Monde du 27 septembre 2012

Antoine Choplin, écrivain discret mais passionnant, atteint une forme de poésie pure, qui témoigne d'une sensibilité toute en retenue, respectueuse de la dignité de ses personnages blessés.

La revue de presse : Delphine Peras - L'Express, août 2012

Le sujet est grave, poignant, mais Antoine Choplin évite l'écueil du mélo en laissant la parole à ses personnages : des mots simples, pudiques - Tchernobyl n'est jamais nommé ; des dialogues économes, sans apitoiement, ponctués de rasades de vodka, qui dessinent en creux une humanité bouleversante et une fraternité inébranlable.

La revue de presse : Marine Landrot - Télérama du 22 août 2012

Avec une économie de moyens très beckettienne, un sens du visuel méditatif digne de Tarkovski, et une grande tendresse pour ses personnages sortis d'un tableau de Chagall, Antoine Choplin signe un roman essentiel. Une farce tragi-clownesque d'une acuité glaçante, comme on imagine qu'il en germe dans l'esprit de certains écrivains japonais, un an et demi après Fukushima.

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