"Les oeuvres de miséricorde" de Mathieu Riboulet chez Verdier (Lagrasse, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

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Les oeuvres de miséricorde
Les oeuvres de miséricorde — Le choix des libraires

Résumé

Mathieu Riboulet
Lauréat du Prix Décembre 2012

Donner à manger à ceux qui ont faim, donner à boire à ceux qui ont soif, vêtir ceux qui sont nus, loger les pèlerins, visiter les malades, visiter les prisonniers, ensevelir les morts : tels sont les impératifs moraux édictés par l'Église sous le nom d'oeuvres de miséricorde, que le Caravage a illustrés dans un tableau conservé à Naples, et dont tous ceux nés en culture chrétienne sont imprégnés, même s'ils ne les connaissent pas. Ces injonctions morales sont ici mises à l'épreuve de l'expérience - réelle ou imaginaire.

«Il m'a fallu comprendre comment le Corps Allemand, majuscules à l'appui, après être entré à trois reprises dans la vie française par effraction (1870, 1914, 1939), continue à façonner certains aspects de notre existence d'héritiers de cette histoire. Chemin faisant, j'ai tenté d'y voir un peu plus clair dans les violences que les hommes s'infligent -historiques, guerrières, sociales, individuelles, sexuelles, massivement subies mais de temps à autre, aussi, consenties-, dont l'art et la sexualité sont le reflet et parfois la splendide, indépassable, bienheureuse expression, et de les lier du fil de cet impératif de miséricorde qui fonde notre culpabilité pour être, de tout temps et en tous lieux, battu en brèche.»

Mathieu Riboulet est né en 1960. Il a publié Un sentiment océanique, Mère Biscuit, Quelqu'un s'approche et Le regard de la source aux Editions Maurice Nadeau, et Les âmes inachevées aux Editions Gallimard.

Courier des auteurs le 19/09/2012

1) Qui êtes-vous ? !
Un écrivain qui essaie de faire du mieux qu'il peut !

2) Quel est le thème central de ce livre ?
La mémoire des guerres qui ont déchiré l'Europe, et la façon dont la violence que les hommes exercent à leur propre encontre s'exprime dans les corps des individus et dans l'art.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
J'y renonce, tout se tient !

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Peut-être un quatuor à cordes de Chostakovitch.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Le plaisir du texte.

La revue de presse : Michel Abescat - Télérama du 31 octobre 2012

Qu'est-il donc allé chercher sur les routes d'Allemagne, le narrateur de ce texte subtil et précieux, infiniment humain, érudit et sulfureux ? Qu'est-il donc allé chercher sur les chemins tortueux de l'histoire, cet homme à la mémoire si lourde ? Des bribes de réponses à des questions incommensurables ? Une quête d'amour et de sexe comme défi à la mort ?...
Récit, essai, méditation tout à la fois, ce livre inclassable poursuit ainsi un chemin éblouissant, aussi rude que bouleversant, porté par cette question en forme de leitmotiv : «Que faire de tous ces morts, où vivre, comment s'aimer ?»

La revue de presse : Nils C. Ahl - Le Monde du 11 octobre 2012

Dans la continuité des livres précédents de Mathieu Riboulet, L'Amant des morts et Avec Bastien (Verdier, 2008 et 2010), le corps est donc au coeur du texte. Le corps de l'homme, les corps des hommes. Le sien, l'autre. Le corps en masse et le corps seul, celui que l'on peint et celui que l'on tue. Celui qui donne le plaisir et la douleur, celui qui meurt...
La grande force du livre de Mathieu Riboulet est de suggérer le mouvement de l'Histoire dans la superposition de ces corps, certains diaphanes comme des idées, d'autres denses comme le désir. Le corps a une histoire, le corps est l'Histoire. Pose candide ou fausse simplicité, l'écrivain joue sur les caricatures de l'Histoire et les lieux communs. Caricatures meurtrières ou imbéciles, caricatures de juifs, d'homosexuels et d'Allemands, caricatures de bourreaux et de victimes. Le narrateur du texte reçoit l'Histoire. Il l'étreint, l'incarne...
A la fin du corps, la fin du roman, " mes os se sont longuement entrechoqués ", le squelette tremble et grince jusqu'aux dernières pages. " Seuls les insensés, les assassins et les amants suspendent un instant leur mouvement avant d'atteindre l'autre ", souligne le narrateur. Les écrivains aussi, et le livre est cet instant.

La revue de presse : Marianne Payot - L'Express, septembre 2012

Dans Les Oeuvres de miséricorde, Mathieu Riboulet se livre, sur les chemins de l'Allemagne, à une magistrale méditation sur les morts des guerres passées...
"Que faire de tous ces morts, où vivre, comment s'aimer ?" C'est à ces obsessions, nourries par les ravages de l'Histoire, aussi fortes que sa fascination pour le Caravage, que Mathieu Riboulet, né en 1960, tente de répondre dans ce livre exaltant, bruissant de violence et d'amour.

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