"Lettres retrouvées" de Raymond Radiguet chez Omnibus (Paris, France)

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Lettres retrouvées
Lettres retrouvées — Le choix des libraires

Résumé

Raymond Radiguet a eu une vie très brève mais tout entière placée sous le signe de la littérature, comme en témoigne cet ouvrage qui rassemble ses lettres - de janvier 1918 (il a quatorze ans) à octobre 1923, deux mois avant d'être emporté par une fièvre typhoïde (il a vingt ans). Entre-temps, le jeune homme a correspondu avec de nombreux artistes et intellectuels des années folles : des écrivains (Guillaume Apollinaire, Louis Aragon, André Breton, Jean Cocteau, Max Jacob, Tristan Tzara...), des peintres et sculpteurs (Constantin Brancusi, Juan Gris, Valentine et Jean Hugo...), des musiciens (Georges Auric, Francis Poulenc...), des éditeurs (Pierre Albert-Birot, Gaston Gallimard, Bernard Grasset...), ou le mécène Jacques Doucet, sans oublier sa famille, à laquelle il était profondément attaché. Ces 140 lettres, pour la plupart inédites, ont été rassemblées par Chloé Radiguet et Julien Cendres au cours de vingt années de recherches. Elles font découvrir un écrivain dont la jeunesse n'empêche pas la sûreté du jugement, la confiance en son talent, et une grande curiosité pour tous les aspects de l'art.

Courier des auteurs le 22/09/2012

1) Qui êtes-vous ? !
L'une des nièces de Raymond Radiguet, la benjamine de son frère Paul (né trois ans après lui) qui m'a transmis son amour des livres et de la littérature - tout comme un certain nombre de souvenirs fraternels et familiaux.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Il s'agit de 140 lettres très diverses, pour la plupart inédites, écrites entre janvier 1918 et octobre 1923, adressées à des écrivains, des éditeurs, des musiciens, des peintres, des sculpteurs, etc., et aussi à sa famille.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
«Pardonne-moi aussi, si mes lettres sont quelquefois maladroites, mais quand j'écris aux personnes que j'aime, je ne cherche pas à «écrire».» (Lettre à Lucien Daudet, août 1920)

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Les Gymnopédies d'Erik Satie, «le vieux compositeur» et «le jeune écrivain» nourrissant beaucoup d'estime et d'amitié l'un pour l'autre...

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Grâce à ce portrait «en creux», la découverte d'un Raymond Radiguet inattendu, bien loin de la légende élaborée après sa mort.

La revue de presse : Alain Nicolas - L'Humanité du 20 décembre 2012

Des lettres aux écrivains et aux artistes qui comptent à l'époque, Picabia, Tzara, Breton, Soupault, Aragon, Apollinaire, Cocteau, Max Jacob, Erik Satie, qui témoignent de l'intérêt des avant-gardes de l'époque pour ce jeune homme pas si arrogant que ça, modeste même, qui leur écrit avec timidité et respect, faisant preuve de belles capacités de lecture critique, sans mâcher ses mots, s'il le faut. À Breton, il écrit que « les Champs magnétiques m'ont déçu, parce qu'ennuyeux ». On imagine la tête du pape du surréalisme.

La revue de presse : Emily Barnett - Les Inrocks, décembre 2012

Le volume de sa correspondance exhumée, fruit de vingt années de recherches par sa nièce, Chloé Radiguet, et Julien Cendres, offre un éclairage sur l'entrée fracassante de ce frêle adolescent sur la scène littéraire. Naissance à soi, d'abord, puisque Radiguet ambitionnait de devenir caricaturiste, à l'instar de son père, avant de se livrer corps et âme à la poésie. Aussi met-il tout en oeuvre, dès 1918, pour obtenir le soutien de ses «maîtres». Ses premiers courriers, à Apollinaire, mentent sur son nom et son âge - le garçon signe Raimon Rajky puis se vieillit de deux ans - et trahissent une ambition bouleversante de maladresse.

La revue de presse : Xavier Houssin - Le Monde du 22 novembre 2012

Un volume de lettres inédites, patiemment réunies par sa nièce, donne un éclairage nouveau sur " le plus jeune romancier de France ", auteur du " Diable au corps ". La réalité d'une vie et d'une oeuvre peuvent s'estomper parfois derrière la légende. Aussi dorée qu'elle soit. Mort à 20 ans le 12 décembre 1923, Raymond Radiguet est devenu une icône de l'éternelle jeunesse, du génie fossoyé. Mais celui dont son ami Jean Cocteau disait qu'il partageait " avec Arthur Rimbaud le terrible privilège d'être un phénomène des lettres françaises ", et que Bernard Grasset avait lancé au moment de la parution du Diable au corps comme " le plus jeune romancier de France ", mérite sans doute que l'on aille au-delà de son image et que, dissipant l'aura qui l'enveloppe, on redécouvre son travail dans sa chronologie et dans sa vérité...
Mises en regard, en résonance, des textes rassemblés dans les nouvelles Œuvres complètes, ces Lettres retrouvées permettent de rendre à Radiguet sa vraie place dans son temps. Et Cocteau de témoigner encore : " Ce gamin était notre école, était notre maître d'école. Il l'a été pour beaucoup, beaucoup d'écrivains, croyez-le... "

La revue de presse : Thierry Clermont - Le Figaro du 13 septembre 2012

Près de quatre-vingt-dix ans plus tard, sa nièce Chloé Radiguet et l'écrivain Julien Cendres éditent deux forts volumes comprenant de nombreux inédits, dont la correspondance de l'auteur du Bal du comte d'Orgel. Il suffit de regarder l'index des destinataires de ses missives (quelque 140) pour découvrir le monde de Radiguet, la précocité de son esprit et l'intelligence sidérante de ses propos. Ici, pas ou peu de courrier intimiste. La plupart des épistoliers viennent du monde des arts : André Salmon (l'auteur de La Négresse du Sacré-Coeur lui a mis le pied à l'étrier), Max Jacob, Tristan Tzara, Aragon (pas encore surréaliste et communiste), Breton, Apollinaire, le mécène Jacques Doucet, Cocteau bien sûr, le Groupe des Six (Satie, Poulenc, Auric...), Jean et Valentine Hugo, Juan Gris... Ses premières lettres retrouvées datent de 1918. À quinze ans à peine (il affirme en avoir dix-sept), il s'adresse à Apollinaire pour commenter l'influence de Laclos sur Baudelaire.

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