"Sauvegarde : journal 2001-2003" de Imre Kertész chez Actes Sud (Arles, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

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Sauvegarde : journal 2001-2003
Sauvegarde : journal 2001-2003 — Le choix des libraires

Résumé

LE POINT DE VUE DES ÉDITEURS

La maladie ayant restreint la maîtrise de sa main, Imre Kertész a pu tenir ce journal grâce à un ordinateur. Voilà la raison pour laquelle son titre fait allusion au traitement de texte. Couvrant les années 2001 à 2003, ces pages reviennent sur un moment crucial, un des plus grands bouleversements de la vie d'Imre Kertész : le prix Nobel de littérature en 2002. Il y aborde aussi la genèse de son roman Liquidation, le travail littéraire quotidien, l'importance de la musique dans son existence, sa difficulté à concilier vie conjugale et vie d'écrivain, sa maladie de Parkinson, son rapport à la Hongrie nouvelle et à Israël, ainsi que son départ pour Berlin. Mais avant tout, il ne cesse de se pencher sur ce qui le préoccupe et lui importe le plus : la littérature. Un témoignage d'une sincérité radicale et d'une sombre lumière, nourri du sens subtil de l'auteur pour l'ironie.

Imre Kertész est né le 9 novembre 1929 dans une famille juive de Budapest. Déporté à l'âge de quinze ans à Auschwitz, il est ensuite transféré à Buchenwald puis au camp de travail de Zeitz. Son expérience des camps de concentration le marque profondément et imprègne toute son oeuvre. Écrivain de l'ombre pendant quarante ans, il reçoit le prix Nobel de littérature en 2002. Refusant tout nationalisme, il se décrit lui-même comme un juif européen et vit avec sa femme entre Berlin et Budapest. En France, son oeuvre est publiée par Actes Sud.

La revue de presse : Sabine Audrerie - La Croix du 24 octobre 2012

Couvrant trois années, dont celle de l'obtention de son prix Nobel en 2002, le journal d'Imre Kertész dévoile l'envers de son travail d'écrivain, confirmant la radicalité et la sincérité de sa pensée. En un mot, à la manière d'autres formules radicales de clairvoyance explosant au coeur de son oeuvre, Imre Kertész confie la nécessité de sa vie d'écrivain, de sa vie d'homme : «Sauvegarde». Ce titre dit tout de ses préoccupations alors que la maladie de Parkinson le contraint à abandonner l'écriture manuscrite au profit du traitement de texte, à confier à l'ordinateur son bien le plus précieux. Le mot éclate aussi comme un oxymore quand on comprend que ces années 2001 à 2003 sont consacrées à la rédaction du roman Liquidation. Un livre sur le suicide et sur le Mal, un livre contenant l'idée que le Bien ne peut advenir qu'au prix de la vie du bienfaiteur. Il est donc question de préserver, en mot et en actes, ce qui est puissamment menacé, une forme d'intégrité, la ligne de crête d'une vie.

La revue de presse : André Clavel - Lire, octobre 2012

Au coeur de ces pages, bien sûr, le noyau noir de son existence, l'Holocauste, et, plus largement, la question du totalitarisme, dont le Hongrois ne cesse de débusquer le fantôme dans un XXIe siècle où plane l'ombre de Big Brother...
Mais Kertész parle également de ses voyages, de la musique, de ses lectures - hommage à son maître Kafka et coups de griffes à Kundera ou à Stendhal -, des nouvelles donnes de la politique hongroise, avant d'évoquer le choc du prix Nobel, reçu en octobre 2002. Avec ce commentaire cinglant : "Guérir des blessures du Nobel, comme si rien ne s'était passé. Popularité ridicule, agressive et écoeurante en Hongrie, où pendant des dizaines d'années on ignorait jusqu'à mon existence. Sauf peut-être la police." Tout le journal de Kertész est de cette trempe : l'autoportrait d'un éternel réfractaire.

La revue de presse : Bruno Corty - Le Figaro du 27 septembre 2012

L'ouvrage s'appelle Sauvegarde. Une référence empruntée au vocabulaire informatique et à cet ordinateur que l'écrivain septuagénaire tente d'apprivoiser, une certaine Parkinson lui interdisant désormais l'usage de la main droite. C'est le début de ce Journal de bord passionnant qui court de 2001 à 2003 et aurait pu aussi bien porter en titre Naufrage, dépression, dégoût, suicide...
Malgré les moments de doute, d'angoisse, il poursuit l'écriture du roman Liquidation, mis en chantier depuis plus d'une décennie. Il consigne ses rêves ; fait le récit de souvenirs très forts qui surgissent de l'enfance : une gifle du père, une érection intempestive avec la belle-mère. Il relit Stendhal, Kafka, salue Thomas Mann et Camus, soufflette Kundera : «... s'il sait tant de choses sur le roman, s'il est tellement intelligent, pourquoi ses livres sont-ils médiocres ?»...
Autoportrait sans concession d'un homme entré dans l'hiver de sa vie, portrait impitoyable d'un monde décevant, ce livre est comme une blessure à vif qui s'achève en 2003 de manière poétique : «Cet été, le soleil est comme un message de l'enfer.»

La revue de presse : Claire Devarrieux - Libération du 13 septembre 2012

Tout en savourant son exil berlinois, l'écrivain hongrois approfondit sa réflexion sur l'antisémitisme dans son journal «Sauvegarde»...
L'oeuvre de Kertész - ses romans comme ses essais ou ses textes autobiographiques - s'enracine dans le génocide ; c'est le travail de l'imagination, de la littérature, qui lui permet de l'affronter. Il écrit dans Sauvegarde, où il consigne ses réflexions sur une patrie exclusivement littéraire : «Je conçois qu'il soit difficile de comprendre que j'ai un Buchenwald imaginaire qui ne correspond pas à la réalité. Ainsi, faire appel à moi en tant que témoin du véritable Buchenwald, c'est comme m'infliger une blessure physique.»...
Ses réflexions sur la vieillesse, sur la condition humaine en général, le mènent parfois au bord du suicide - au bord du balcon : «On peut aussi sauter par la fenêtre. C'est moins cher.» De temps à autre, un aphorisme : «Ce n'est pas le roman qui est mort, mais le lecteur.» Puis on devine comme un inimitable sourire : «J'aime la belle vie qu'accompagnent de sombres pensées.»

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