Roubaix pomponne ses Trois Ponts

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« Ici, tout le monde veut déménager. Mais cela reste un rêve, à moins de gagner au loto...» Au pied d'une tour, quelques jeunes tiennent le mur, selon l'expression en vigueur dans le quartier des Trois Ponts, à Roubaix. Pourtant, au deuxième étage de la Maison des services, une maquette du projet de renouvellement urbain nargue les sceptiques. Car le plan, concocté par la municipalité et qui vient d'être préfinancé par l'agence de renouvellement urbain, est ambitieux. « Un peu moins de la moitié du parc immobilier des Trois Ponts va être démoli, explique Pierre Dubois, adjoint au maire (PS), l'un des artisans du dossier. Une centaine de logements seulement vont être reconstruits sur site car il faut dédensifier. » Première concrétisation du plan : la démolition de la tour C et de ses 83 logements, prévue pour le début 2008.

Mais redonner espoir, après quinze ans de politique publique inefficace, reste une tâche difficile. Car encore aujourd'hui, le quartier des Trois Ponts concentre les pires chiffres de la ville dans le domaine socio-économique. « Au départ, j'ai été surpris par l'agressivité des habitants, se souvient Bernard Siemienieski, directeur depuis plus d'un an du centre social mitraillé en octobre dernier. Puis on prend du recul. » Serge Takenne est installé comme pharmacien aux Trois Ponts depuis plus de quatre ans. Confronté à plusieurs reprises à des problèmes d'insécurité, il reste optimiste. « La reconstruction du centre commercial va permettre de doter le quartier d'une vitrine, explique-t-il, et sa conception devrait éviter les problèmes de squat. »

Le président et le trésorier du comité de quartier sont dubitatifs : « Dans son plan, la mairie ne parle que de logement, expliquent Philippe Lievens et Amar Rekik. Elle a oublié les jeunes et les initiatives prises par les habitants. » Les deux responsables associatifs aimeraient, par exemple, obtenir une plus grosse subvention pour le club de football qu'ils dirigent ou des financements pour leur journal de quartier. Ces deux natifs des Trois Ponts rêvent aussi d'organiser, l'an prochain, une édition de Quartier en fête. « Pas question de baisser les bras. »

Caroline Béhague