La dentelle de Calais tisse son réseau

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Condamnés à s'unir. Malmenée par la concurrence asiatique, la dentelle calaisienne file un mauvais coton. Pour sortir la tête de l'eau, l'industrie emblématique de Calais a reçu l'appui de l'Etat, qui a demandé au cabinet Ernst & Young d'étudier les modalités d'un retour à la viabilité économique. Remis fin juin, le rapport préconise la création d'une structure destinée à mettre en commun les ressources commerciales et industrielles des dentelliers. « En se posant en coordinateurs, les pouvoirs publics nous poussent à coopérer. C'est la seule solution pour retrouver le chemin de la rentabilité », estime Pascal Pèlerin, le directeur commercial de Brunet, fabricant à Calais.

L'enjeu est de taille. Depuis quatre ans, les plans sociaux se succèdent dans le secteur : cinquante postes en moins chez Noyon, qui vient de fusionner avec Darquer ; cent trente chez Desseilles, repris en février par le letton Lauma ; quarante chez Brunet, que l'on croyait pourtant tiré d'affaire depuis l'arrivée providentielle d'un actionnaire chinois. Mais constituer un front uni ne sera pas facile dans ce secteur traditionnellement individualiste. « Le temps n'est plus à la concurrence, il faut s'épauler tout en préservant l'identité de chacun », martèle Olivier Noyon. Pour le PDG de la société éponyme, cette coopération doit confirmer le rayonnement international de Calais. Un défi à la hauteur d'une histoire séculaire que symbolisera le futur musée de la dentelle de Calais, dont le premier coup de pioche vient d'être donné.

Thierry Butzbach

545 fabricants de dentelle étaient recensés en 1906 à Calais. Aujourd'hui, ils sont moins d'une dizaine. 1 000 personnes travaillent dans le secteur calaisien. Sept fois moins que dans les années 1950. 100 millions d'euros de chiffre d'affaires : c'est le poids des trois principaux dentelliers de Calais. Le marché mondial est estimé à 250 millions d'euros. 70 % de la dentelle de Calais est actuellement vendue à l'export.