Pascale Debrock : «La Condition est un lieu métropolitain»

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Interview de Pascale Debrock, directrice de la Condition Publique à Roubaix.

Vous venez de publier une étude sur la fréquentation de la Condition Publique. Quelles en sont les conclusions ?

Nous voulions savoir qui est le public qui se rend à la Condition Publique. Cette étude révèle que 80 % de nos 90 000 visiteurs viennent de la métropole lilloise, dont 15 % de Roubaix. Les autres arrivent du reste de la région.

Estimez-vous que ces 15 % de Roubaisiens pèsent peu dans ce lieu qui symbolise Roubaix ?

15 % de Roubaisiens, c'est aussi le poids démographique que représente la ville dans la métropole lilloise. La Condition n'est pas un lieu roubaisien mais métropolitain.

Quels étaient les enjeux de cette étude ?

Les différents partenaires financiers s'interrogeaient sur la pertinence de leur participation. La ville de Roubaix contribue à hauteur de 25 % du fonctionnement, 37,5 % pour la communauté urbaine de Lille et la région.

Désormais la ville de Roubaix ne pourrait-t-elle pas légitimement demander de n'en financer que 15 % ?

L'incidence d'un tel équipement ne se résume pas au public qui le fréquente. Mais l'an prochain, nous proposerons un travail auprès du jeune public, localisé notamment à Roubaix. Il serait intéressant de réaliser cette étude sur d'autres établissements car nous ne sommes peut-être pas si mauvais.

On dit souvent que la Condition Publique attire les «bobos». Est-ce un cliché ?

Le lieu touche toutes les catégories socioprofessionnelles, mais elles varient selon les manifestations. Les étudiants représentent presque un quart du public.

Allez-vous réaliser d'autres études ?

Nous avons tenté une enquête sur la perception du lieu par le voisinage. Nous avons distribué une centaine de questionnaires mais seuls deux nous sont revenus. Nous réessayerons avec une autre méthode.

Recueilli par Caroline Béhague