Les locataires veulent arrêter les frais

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Le mur se lézarde. Cinq locataires de la métropole lilloise envisagent d'assigner la Sergic en justice. Raison invoquée : les frais de gestion « disproportionnés » que cet administrateur de biens réclame à ses clients. Exemples : frais de gestion d'un paiement par chèque : 5 e ; envoi d'une lettre de relance : 10 e ; renouvellement d'un bail : 180 e...

Locataire d'un studio pour son fils étudiant depuis cinq ans, l'un d'eux témoigne : « Ils profitent de la faiblesse des gens, de leur méconnaissance des textes de loi. » Et c'est là que le bât blesse. Soutenant les locataires, l'association Consommation, logement, cadre de vie (CLCV) assure ainsi que ces frais induits n'ont « aucun fondement juridique ».

A la Sergic, on se retranche derrière l'impérieuse nécessité de faire tourner la boutique. « Sans ce système, on encouragerait les gens à ne pas payer leur loyer, s'insurge Claudine Lebout, directrice de l'agence lilloise qui compte 2 000 biens dans son parc locatif. Nous avons une personne chargée de toutes ces démarches. Tout cela a un coût. » Un coût qui approche, en tout cas, 1 000 e sur trois ans pour Jérémy Lenglin qui insiste : « Je viens de quitter mon appart. La Sergic m'a envoyé un huissier pour dresser l'état des lieux. Je suis sûr qu'ils vont m'envoyer la facture. » L'association de consommateurs CLCV a estimé à 25 000 e par mois le montant de ces frais réclamés par la Sergic à l'échelle nationale.

Vincent Vantighem

Débattue en juin, la loi dite d'« engagement national pour le logement » pourrait interdire ce type de pratiques. Claudine Ledout, directrice de Sergic, s'est engagée à respecter les mesures si cette loi venait à être promulguée.