Les aventuriers des fouilles perdues

©2006 20 minutes

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Un voyage 4 700 ans av. J.-C. en guise de vacances. C'est le choix d'une vingtaine d'étudiants et d'amateurs lancés sur les traces du néolithique jusqu'à la fin du mois, à Etaples. Au total, le ministère de la Culture a autorisé trois grands chantiers d'archéologie d'été dans la région cette année : préhistoire à Etaples, histoire médiévale à Marquette-lez-Lille et époque gallo-romaine Rues-de-Vignes, près de Cambrai.

Tous auront leur équipe de bénévoles préférant déblayer la terre, armés de pinceaux et d'outils de dentiste, plutôt que de s'affaler sur le sable. Comme Pauline, qui délaisse pendant un mois son mémoire Archéologie médiévale en Nord-Pas-de-Calais pour mettre le nez et les mains dans le passé. Avec trois amies, issues de l'université du Littoral, elles révèlent quelques pierres rouges pour mettre à jour un ancien foyer. « C'est génial, clament-elles toutes les trois. On s'exaltait hier devant chaque pierre : un silex, un silex ! »

Plus haut, les garçons bêchent pour descendre dans les couches néolithiques. Parmi eux, René, un amateur local de 70 ans. « C'est incroyable ce que l'on peut apprendre sur un chantier : histoire, géographie, échanges commerciaux... » Les fouilles sont supervisées par Michel Philippe, conservateur du musée d'archéologie Quentovic d'Etaples. « Je réserve toujours quelques places pour les amateurs. Ici, on peut prendre le temps de s'arrêter et d'expliquer les choses. »

Caroline Béhague

Le bénévole se voit généralement offrir le gîte et le couvert grâce à des arrangements locaux. La liste des sites de fouilles est disponible sur le site www.culture.gouv.fr/ culture/fouilles/accueil.html