Outreau, le serment d'un renouveau

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La boucle est bouclée. Le rapport de la commission Outreau a été remis hier aux acquittés de l'affaire. A la demande de Guy Langagne, député du Pas-de-Calais, une dizaine de membres de la commission Outreau se sont rendus sur place. Cette commission avait été créée en décembre dernier afin de rechercher les causes des dysfonctionnements de la justice dans cette affaire.

« Ce déplacement est un geste symbolique fort, reconnaît Alain Marécaux, l'un des acquittés. Mais il faut voir dans quelles conditions les propositions de réformes du rapport vont être concrétisées, ajoute-t-il, et ça, c'est une autre histoire. Si les réformes n'ont pas lieu, il y aura eu beaucoup de souffrance pour rien. » Suivre la mise en oeuvre de ces réformes, c'est justement l'engagement pris par André Vallini, président de la commission via « le serment d'Outreau » auquel les députés ont adhéré.

« Ce genre de choses aide à surmonter ce qu'on a enduré, témoigne Daniel Legrand fils, acquitté. Et puis ça permet de réhabiliter la ville. » Outreau qui souffre d'une mauvaise réputation depuis l'affaire judiciaire. « On a dit que c'était une ville de pédophiles et d'alcooliques, témoigne Thérèse Guilbert, maire (PS) d'Outreau. Il fait pourtant bon vivre à Outreau. »

Des propos largement relayés par les membres de la commission, dont certains venaient pour la première fois dans la ville. « Si toutes les villes de banlieue étaient comme le quartier de la tour du Renard, ce serait bien », apprécie Jacques Floch, l'un des députés présents. Pourtant, ces derniers ont vite été interpellés sur les conséquences du fiasco. « Parce que je suis de la tour du Renard, j'ai du mal à trouver du travail », explique une résidente à un député qui lui répond : « On vous en trouvera, du travail. »

F. Bertrand

Le rapport propose d'enregistrer la garde à vue en présence de l'avocat et de créer des pôles pour lutter contre la solitude du juge d'instruction.