Opération déminage sans éclat

©2006 20 minutes

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Privés de grasse matinée. Quelque 1 600 riverains du quartier d'Euralille ont été évacués hier matin. La cause de leur réveil : une bombe américaine de 250 kg datant de la seconde guerre mondiale retrouvée sur le chantier du futur Hôtel de région. Les familles lilloises ont donc cédé la place à quatre démineurs d'Arras, qui ont neutralisé l'engin en 45 minutes. « On a l'impression de se trouver au beau milieu d'une guerre, jugeait Ghoudia, en route pour le marché de Wazemmes. Mais, ce n'est pas tous les jours qu'on trouve une bombe. » Pour Mehdi et sa fille, l'heure est plutôt à la promenade malgré la pluie : « On s'en va à Bruxelles. » Il est 8 h 30. La sirène retentit. Consciencieusement, les CRS quadrillent le terrain et toquent à toutes les portes. Sans sourciller, Koray, lui, poursuit sa partie de foot en bas de son immeuble. « De toute façon, je ne bougerai pas d'ici. Je dois réviser pour le brevet des collèges. »

Malgré une trentaine de récalcitrants calfeutrés chez eux, « l'évacuation s'est bien passée », a estimé Alain Perret, préfet délégué pour la sécurité. Un sentiment partagé dans le hall de l'hôtel de ville où pas moins de 350 personnes étaient invitées à prendre le petit- déjeuner dans une ambiance très bon enfant. En début d'après-midi, tout le monde a regagné ses pénates. Dans le même temps, le périphérique Est a rouvert à la circulation. Et les TGV, déroutés vers Lille-Europe, ont pu à nouveau être aiguillés vers Lille-Flandres. Toutes ces pertubations pour mener une opération « classique », selon Phillipe Dumez, chef de la brigade de déminage, qui déterre chaque année quelque 120 tonnes d'explosifs dans la région.

 Vincent Vantighem