Réouverture d'un procès agité à Douai

Olivier Aballain

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Me Blandine Lejeune est l'avocate de la famille de la victime, Clélia Medina.
Me Blandine Lejeune est l'avocate de la famille de la victime, Clélia Medina. — M. Libert / 20 Minutes

Pour les jurés des assises du Nord, ce n'est pas une mince affaire. Le procès du meurtrier présumé de Clélia Médina, retrouvée morte dans la Deûle le 17 février 2008, a débuté lundi. C'est une séance de rattrapage pour l'institution judiciaire, après un premier procès ajourné en juin 2011. A l'époque, l'avocat de l'accusé, Eric Dupond-Moretti, avait fait son miel des manquements de l'enquête, pour obtenir le report après quatre jours de chicaneries au prétoire. Tout est reparti de zéro lundi, excepté un an de stress et d'angoisse en plus pour les familles de la victime et de l'accusé. « Depuis quatre ans, la justice et la police nous font peur, alors qu'avant nous avions confiance », a résumé une tante de l'accusé, Julien, 19 ans au moment des faits et ancien petit ami de Clélia.

Crises de jalousie
Toute la première journée s'est concentrée sur sa personnalité. Pour les enquêteurs, Julien est le dernier à avoir vu Clélia vivante après l'avoir raccompagnée devant chez elle en pleine nuit. Engagé dans une relation avec une amie de la victime, il n'a pourtant jamais vraiment rompu avec Clélia. Les crises de jalousie ne sont pas rares dans ce petit couple formé en août 2006. Selon les témoignages, Clélia a reçu une gifle, une fois. « Réduire notre histoire à deux ou trois disputes n'est pas correct », indique Julien. Toute la journée, la présidente du jury a pourtant tenté de jauger la fréquence de ces emportements, dans ce qui ressemble à une relation encore immature entre ados. « La loi nous impose de juger en fonction des faits, mais aussi en fonction de la personnalité de l'accusé », rappelle la magistrate. Les questions sur la fin de parcours scolaire agitée de l'accusé, et sur ses sources de revenus, tendent à nouveau l'atmosphère. « Moi ce que j'attends, c'est que l'on s'occupe plutôt des faits que l'on reproche à mon fils », a rappelé le père de Julien, non sans agacement. C'est au programme de ce mardi. Le procès doit durer jusqu'à vendredi.