Lille organise l'hypothèse Aubry

Olivier Aballain

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Au conseil municipal, Martine Aubry sait qu'elle peut compter sur Pierre de Saintignon (à g.).
Au conseil municipal, Martine Aubry sait qu'elle peut compter sur Pierre de Saintignon (à g.). — M. Libert / Archives 20 Minutes Lille

C'est une conséquence de la victoire de François Hollande : le visage politique de Lille pourrait changer dès le 15 mai. Ce jour-là, le nouveau président de la République annoncera la composition d'un gouvernement que Martine Aubry devrait intégrer, et même peut-être diriger. Dans les deux cas, la maire de Lille laissera son fauteuil à l'un de ses lieutenants.

Chaises musicales
« En réalité, il n'y a rien de vraiment nouveau », relativise Walid Hanna, 3e adjoint (PS) en charge des quartiers. « Depuis quelque temps déjà, Martine Aubry a beaucoup délégué à Pierre de Saintignon [son premier adjoint]. C'est lui qui fera l'interim, et en 2014 Martine Aubry sera de nouveau notre tête de liste. » Simple, le scénario est pourtant mis à mal si le PS applique dès cette année le principe du non-cumul des mandats locaux et nationaux. Aucune loi n'est promise avant 2014. Mais de source interne, la démission de Daniel Percheron (par ailleurs sénateur) de son poste de président du conseil régional, est bien envisagée pour septembre. Or sa succession est briguée par Pierre de Saintignon. Lequel aura du mal à diriger à la fois ville et région, ce qui alimente les spéculations sur un plan B à la ville. La piste Audrey Linkenheld est évoquée depuis plusieurs semaines. Mais la fille spirituelle de Martine Aubry vise un siège de député en juin. « Là, ça devient hyper compliqué », soupire un élu de la majorité municipale. Et ça ne fait que commencer. Lire aussi p. 5 à 7

Loi

Si elle démissionne de sa fonction de maire, Martine Aubry pourra rester simple conseillère municipale. Son successeur sera alors réélu parmi les membres du conseil dans un délai de 15 jours suivant l'enregistrement de la démission en préfecture, selon l'article 2122-9 du code général des collectivités terriotriales.