L'éthylotest, un cadeau dénoncé par des élus

Gilles Durand

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Un éthylotest contre un vote.
Un éthylotest contre un vote. — M.Libert / 20 Minutes

Dimanche, le maire (PS) de Neuf-Berquin, près de Merville, a prévu de distribuer des éthylotests à la sortie du bureau de vote. Lors du premier tour de l'élection présidentielle, Bernard Debeugny avait déjà tenté de le faire à l'intérieur de la mairie, mais, à 8 h 05, un magistrat du conseil constitutionnel débarquait dans ce village de 1 200 habitants pour interdire cette distribution. « Atteinte à la neutralité du bureau de vote », mentionne le PV.

« Temple de la République »
Or, Monsieur le maire est têtu. « Rien ne m'empêche de distribuer à l'extérieur, annonce-t-il. Je veux allier un geste citoyen, le fait de voter, avec un autre geste citoyen de prévention, offrir cet éthylotest qui va devenir obligatoire en juillet ». L'élu prévoit même un autre « cadeau » pour l'élection législative, sans entrer dans le détail. « Je n'ai pas de problème d'abstention, je veux juste faire du vote un moment agréable ». Pour certains élus, ce genre d'action va trop loin. « C'est une initiative baroque, qui lui fait, en passant, une belle publicité », ironise Gilles Pargneaux, maire délégué (PS) d'Hellemmes. Le maire (UMP) de Marcq-en-Barœul, Bernard Gérard, se montre plus radical. « ça part d'une bonne intention, mais la méthode n'est vraiment pas bonne. Le bureau de vote, c'est le temple de la République, il doit garder un caractère sacré ». Ajoutant qu'il est personnellement « favorable à rendre le vote obligatoire ». A Saint-André, le maire (MoDem) Olivier Henno dénonce aussi une dérive. « Le vote exige des principes et nécessite la gratuité, lance-t-il. Jusqu'où risque-t-on d'aller dans le cas contraire ? »

Abstention

Des cadeaux, certains commerces de Roubaix en font pour inciter à aller voter. Dimanche, un fast-food promet 10 % de réduction sur présentation de la carte d'électeur. Dans une librairie, ce sera un livre gratuit.