Ballet de nuit sur les voies

Olivier Aballain

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La pose de l'aiguillage a mobilisé une vingtaine d'hommes dans la nuit de mercredi à jeudi. Au total, 29 nouveaux aiguillages sont installés de 2011 à 2013.Au poste de sécurité de Lille-Flandres, 5 agents surveillent les voies la nuit.
La pose de l'aiguillage a mobilisé une vingtaine d'hommes dans la nuit de mercredi à jeudi. Au total, 29 nouveaux aiguillages sont installés de 2011 à 2013.Au poste de sécurité de Lille-Flandres, 5 agents surveillent les voies la nuit. — M. Libert / 20 MinutesM. Libert / 20 MinutesM. Libert / 20 Minutes

Toutes les nuits ils y travaillent, mais les passagers de Lille-Flandres ne le savent pas. Le décroisement des lignes en amont de la gare est entré en février dans sa deuxième phase. Chaque soir après le départ du dernier train, c'est un véritable ballet qui se joue dans un décor digne de Mad Max. A quelques centaines de mètres des quais, un nouvel aiguillage est en cours d'installation par les équipes de la SNCF et de Réseau ferré de France (RFF), assistées de plusieurs sous-traitants. La pièce fait plus de vingt tonnes, mais tout est réglé comme du papier à musique.

Meilleure régularité
Un drôle d'attelage de trois wagonnets commandés à distance a amené ici le nouvel aiguillage, long d'une trentaine de mètres. Livré en kit, il a été assemblé et testé en amont de son installation. Grâce à lui, les trains provenant de Don-Lens et Valenciennes seront cantonnés sur un seul secteur de Lille-Flandres. Objectif : éviter de croiser les trajets avant l'entrée en gare. « Cela provoquait des attentes de quelques minutes en pleine voie, parfois nécessaires pour laisser passer un autre train », explique le directeur des opérations à RFF. Depuis le bouclage de la première phase de travaux, en décembre 2011, les chiffres de régularité sur l'axe Lille-Douai ont déjà « significativement » progressé, selon RFF. Les travaux eux-mêmes n'ont aucun impact sur l'exploitation en journée : à 5 h du matin, les voies sont libérées et les outils rangés avant le passage du premier train. Au total de 2011 à 2013, 80 000 heures de travail auront été cumulées pour réaliser le décroisement des voies.

Capacité

râce au décroisement des voies, Lille-Flandres pourra accueillir 30 % de trains en plus par jour. Actuellement, les 490 trains quotidiens y font transiter 16 millions de voyageurs par an. L'objectif du conseil régional, qui finance 37,6 des 53 millions d'euros que coûtent les travaux, est de faire doubler le trafic passagers entre 2004 et 2020.