La pêche aux voix continue

Fanny Destombes et gaëtane Deljurie

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Duel à distance pour Martin David-Brochen (en haut) et Antoine Sillani.
Duel à distance pour Martin David-Brochen (en haut) et Antoine Sillani. — M.LIbert / 20 Minutes

Même le 1er Mai n'a pas été de tout repos pour Martin David-Brochen. Le jeune militant socialiste est sur le pont depuis le début de la campagne présidentielle et n'a pas manqué de défiler mardi à Lille. Pour la dernière ligne droite de l'entre-deux-tours, l'étudiant en sciences politiques à Lille n'a rien lâché pour convaincre de voter François Hollande. Idem pour Antoine Sillani, responsable des Jeunes populaires du Nord et soutien de Nicolas Sarkozy. Malgré une tenue impeccable, ses traits tirés trahissent un emploi du temps surchargé. « Si on dort quatre heures par nuit, c'est bien, ironise-t-il. Je crois que je vais me reposer une semaine après tout ça. » La faute à un intense travail de terrain : tenue de la permanence, boitage, porte-à-porte, logistique des meetings et aussi collage d'affiches. « Celui qui va se coucher le plus tard aura les panneaux. » La bataille fait rage entre militants de chaque parti.

Etudiants absents
Sauf qu'entre ces deux tours, un obstacle de taille est venu s'ajouter : les vacances scolaires. « On tractait beaucoup les facs et les grandes écoles pour faire venir aux meetings. Ça nous fait un vide », explique Antoine Sillani. Côté effectif, une partie des jeunes militants UMP, pour la plupart étudiants, sont rentrés chez eux. Le militant relativise : « A la gare le matin, ce sont des gens qui vont travailler. Et sur les marchés surtout en semaine, ce sont des personnes âgées ou des mères de familles, donc ça ne change pas grand chose au fait qu'on soit en vacances. »
Même son de cloche chez les militants PS. « Même avec les ponts, nous n'avons pas trouvé davantage de portes closes. Convaincre les électeurs un à un est vraiment efficace », avoue Martin David-Brochen. Son rôle : coordonner les équipes à travers le département, « en ciblant les bureaux qui votent traditionnellement à gauche et où les taux d'abstentions sont élevés », explique ce Breton, originaire de Saint-Brieuc. Comme une partie des 150 adhérents aux Jeunes socialistes, il n'hésite pas à faire du porte-à-porte après les cours. A Lille Saint-Maurice la semaine dernière et dans le quartier des Tilleuls à Wattrelos samedi après-midi. Pendant ce temps, son homologue était au marché Sébastopol, au milieu d'allées quasiment vides. La faute à un temps gris et pluvieux. Le responsable UMP soupire : « ça fait une semaine que ça dure. » Avant de voir le verre à moitié plein. « Si on touche 10 personnes, c'est déjà ça de gagné. Comme ça va être serré… » La pluie a finalement raison du militant. « Y'a une élue qui nous attend à Cambrai », annonce-t-il.
La course au temps semble tout aussi compliquée que la course aux voix.
Lundi midi, comité de campagne du Parti socialiste. « ça a permis d'échanger sur l'ambiance de cette campagne. Et de prévoir un peu l'organisation des actions militantes pour les futures élections législatives », note David Martin-Brochen. Mercredi soir, l'emploi du temps des deux militants s'est recoupé : chacun de son côté a assisté au débat entre les deux candidats. L'un dans un bar du quartier de l'Epeule à Roubaix. « C'est une façon d'être plus proche des électeurs. » L'autre était à la fédération à Lille. Tous deux continueront à coller des affiches, jusqu'à vendredi minuit.