les collecteurs d'ordures Privés de 1er mai à Lille

Gilles Durand

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Le « vrai travail », les salariés de Derichebourg ont pu le tester mardi. D'après une source syndicale, le nouveau délégataire de service public, chargé de la collecte des ordures à Lille, a obligé 100 de ses 120 salariés à travailler le 1er Mai. « Une atteinte à un symbole fort », selon un syndicaliste qui dénonce le climat social tendu qui règne dans l'entreprise depuis la prise en charge du contrat de nettoyage, le 1er avril.

« La pression est très forte »
Les salariés ont en effet, reçu, le 10 avril un courrier du directeur des opérations les informant de « dysfonctionnements » le lundi de Pâques. « Nous avons eu à déplorer un fort manque de personnel ce lundi. En l'absence de personnel suffisant (-644 personnes), nous avons dû solliciter d'autres agences de notre Groupe pour assurer les services (...). Cette organisation imprévue et très coûteuse nuit à notre efficacité ». En conséquence, l'entreprise ne fait plus appel au volontariat. Elle met en place des plannings désignant les salariés en poste les jours fériés. Or, un accord relatif à l'organisation du temps de travail, datant de l'époque de la TRU (ancien nom d'Esterra avant 2001), mentionne que les jours fériés obligatoirement travaillés sont le 25 décembre ou le 1er janvier, le 14 juillet ou le 15 août ou le lundi de Pâques, mais en aucun cas le 1er mai. D'où la colère de certains anciens syndicalistes d'Esterra. « La pression est très forte. La direction essaie de casser le moral des gens », dénonce l'un d'eux. Un salarié a d'ailleurs rendez-vous prochainement avec l'inspection du travail pour évoquer un cas de discrimination aux horaires de travail. Autre grief, le paiement des jours fériés qui aurait changé de taux avec le nouveau délégataire. « Une perte de 200 € par mois », selon un salarié.
Nous n'avons pu contacter, mardi, ni la société Derichebourg, ni l'élu lillois en charge du dossier. Les bureaux sont fermés le 1er mai.

conflits

La société Derichebourg a, par le passé, déjà été confrontée à des conflits sociaux. A Marseille, en juin 2011, les salariés en grève avaient bloqué un quartier de la ville. Ils dénonçaient la décision de ne pas collecter les dimanches et jours fériés. Rebelotte en décembre 2011 avec une nouvelle grève relayée par La Provence. En avril 2010, Le Parisien relatait un conflit à Charenton-le-Pont, où la direction menaçait de licencier 130 grévistes.