Précaires en vogue aux 10 vagues

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Interpellation directe de Martine Aubry sur les stages non payés. Après un refus d'indemnisation par les ressources humaines de la mairie, des stagiaires 10 Vagues – festival de deux mois dans les quartiers lillois, organisé ce week-end à Vauban et en centre-ville – ont adressé une lettre au maire hier. « Il faut en finir avec ce système où des services de certaines entreprises fonctionnent uniquement avec des stagiaires non rémunérés », clamait Martine Aubry en début d'année. L'injonction sera-t-elle appliquée dans sa mairie ?

Neuf personnes composent l'équipe des 10 Vagues. Parmi elles, six stagiaires, dont cinq non payés. A la mairie de Lille, il faut être en maîtrise pour toucher une gratification. Et les cinq stagiaires, qui affirment être « autant en quête de reconnaissance pour [eux]-mêmes que pour le festival » ne sont qu'en licence. Durant quatre mois, ils travaillent à la coordination et à la communication des Vagues. En prime : montage et démontage le week-end. « On fait parfois des semaines de cinquante heures », soupire l'un d'eux. « Sans nos stagiaires, on ne pourrait pas fonctionner », confirme un responsable. Le cabinet du maire est circonspect. « Ce sont des petits jeunes qui donnent un coup de main. Mais les stagiaires ne sont pas indispensables aux 10 Vagues. »

T. Waleckx

D'après Gildas Barruol, chargé des ressources humaines, « la mairie de Lille a reçu 782 stagiaires, dont beaucoup de collégiens, en 2004-2005. Dix-huit ont perçu une gratification. »