Jeux dangereux à Calais

Antoine PEcquet

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La pression monte à Calais à cent jours de l'ouverture des Jeux olympiques. Et les migrants craignent d'en faire les frais. Ainsi Alex, militant des No Border, collectif de défense des migrants, témoigne : « L'ambassadeur du Royaume-Uni est venu le 30 mars pour discuter de la sécurité du trafic transmanche pendant les Jeux. Ce jour-là, les policiers nous ont dit : “on va nettoyer Calais pour les JO”. Ils nous ont coursés dans les rues. Je suis resté quarante-huit heures en garde en vue, dont cinq heures menotté. » De son côté, la préfecture réfute toute opération de police particulière. Sur le terrain, les associations relativisent le lien entre les récentes arrestations – « habituelles » – et la visite de l'ambassadeur. Sans occulter que la période des JO risque d'être rude pour les migrants. « La stratégie est de les rendre invisibles en les dispersant, en vidant les squats à coups de descentes musclées », explique Pierre Henry, directeur de France Terre d'Asile.

Grève de la faim
Vincent De Coninck, du Secours Catholique, juge encore que « le plus honteux pour la République reste le délai de trois ans pour le traitement des demandes d'asile ». Mais lui aussi pense que « le harcèlement policier se durcira probablement avec les Jeux ». Lundi, selon les No Border, une trentaine de demandeurs d'asile, dont plusieurs femmes, auraient été expulsés d'un squat et seraient à la rue. « La police veut les priver de points de repos sûrs pour les dégoûter de rester », constate Christian Salomé, de l'Auberge des Migrants, qui estime que « la privation de sommeil flirte avec la torture ». Mardi, dix-huit migrants ont déclaré avoir entrepris une grève de la faim au centre de rétention de Coquelles. Selon France Terre d'Asile, des discussions avec la directrice sont en cours, et la grève pourrait s'interrompre ce mercredi.

Festivités annulées

Le département du Pas-de-Calais avait prévu de former des anneaux olympiques au cap Gris-Nez pour fêter le « J-100 » avant les JO. Mais la météo (trop de vent) en a décidé autrement et les 1 200 enfants mobilisés resteront au chaud ce mercredi.