Trois commissaires dans le collimateur de la police

Gilles Durand

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Ils revendaient la ferraille pour alimenter des caisses noires. Trois commissaires de police de Lille, Roubaix et Tourcoing ont été interrogés cette semaine sur ces pratiques irrégulières par le service disciplinaire de la Direction départementale de la sûreté publique, a reconnu, jeudi, son responsable, Didier Perroudon. « La police récupère un tas d'objets dont on ne retrouve pas les propriétaires. La justice ordonne alors leur destruction », explique Didier Perroudon. En 2009, des fonctionnaires de police de Tourcoing ont l'idée de faire récupérer la ferraille (vélos, roues de scooter, barre à mine...) par des ferrailleurs. Une habitude qui se généralisera aussi dans les commissariats de Roubaix et Lille. Les cagnottes, saisies la semaine dernière, s'établissent entre 800 et 1300 €.

Cagnottes entre 800 et 1 300 € 
« L'argent récupéré permettait d'assurer les menues dépenses comme l'achat de lampes de bureau ou de peinture pour repeindre un mur, assure le directeur de la sûreté. Rien ne laisse penser à des détournements personnels d'argent. Ce sera facile à vérifier en comparant avec le registre des ferrailleurs concernés. » Avisé, le parquet n'a pas jugé utile, pour l'instant, d'ouvrir une enquête judiciaire. L'administration centrale de la police devra, pour sa part, juger des sanctions à donner.
Pour le syndicat Unité-SGP, ces procédés sont révélateurs d'un malaise. « Si des commissaires sont obligés d'agir de la sorte pour payer du matériel de bureau, on est tombé bien bas, dénonce un syndicaliste. Et le budget est encore revu à la baisse de 15 % pour cette année. »
Coïncidence, le syndicat national des officiers de police (Snop) appelait, jeudi midi, à un rassemblement devant la préfecture de Lille, pour protester contre le manque d'efficacité de la hiérarchie. « Les commissaires de police manquent parfois d'expérience », regrette le Snop.

Mise en examen de trois policiers à Roubaix

Trois policiers de Roubaix ont été mis en examen le 16 février et le 26 mars pour « faux et usage de faux et non respect du feu rouge », a-t-on appris jeudi du parquet, confirmant une information de Nord Eclair. Une enquête avait été ouverte après le suicide d'un de leurs collègues qui, dans une lettre, dénonçait leurs agissements. Impliqués dans un accident avec un autre véhicule, ces trois policiers sont soupçonnés d'avoir falsifié les constatations pour rendre l'autre conducteur responsable.