La fille du président au Louvre-Lens ?

Olivier aballain

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Daniel Percheron a d'abord employé sa fille comme assistante parlementaire.
Daniel Percheron a d'abord employé sa fille comme assistante parlementaire. — M.Libert / 20 Minutes

Maladresse et malaise au conseil régional. La candidature d'Elvire Percheron à un poste d'administrateur adjoint délégué au Louvre-Lens n'est pas passée inaperçue. La fille de Daniel Percheron, président (PS) de l'assemblée régionale, devrait être auditionnée d'ici fin avril par un jury de l'établissement public financé par la région.

« Ce n'est pas très sain »
« Autant dire que c'est fait » : de là à penser qu'Elvire Percheron bénéficiera de son patronyme, il n'y a qu'un pas que franchit allègrement un fonctionnaire régional sur le site Dailynord.fr. Un « procès d'intention » dénoncé par François Delagrange, le directeur de cabinet de Daniel Percheron. « Le processus de recrutement est en cours, aucun candidat n'est favorisé. On ne peut pas interdire à une candidate de se présenter parce qu'elle est la fille de son père ! » Selon nos informations Elvire Percheron a déjà franchi un premier filtre de sélection de « quatre ou cinq candidats ». « Et ce n'est pas étonnant, car elle a une expérience réelle », souligne un élu régional du bassin minier. Titulaire d'une maîtrise d'histoire (son mémoire portait sur le socialisme de 1981 à 1993), Elvire Percheron travaille depuis quatre ans au cabinet de son père, en charge de la culture. Sans statut de fonctionnaire territorial. « C'est une bosseuse, assure un membre du cabinet, sous couvert d'anonymat. Mais évidemment, cette candidature crée un malaise ». Un élu va plus loin : « Quand elle parle en présence de son père, tout le monde se met au garde-à-vous, ce n'est pas très sain. » Le Front national, qui avait publié en 2010 un tract listant les patronymes d'élus repérés parmi le personnel du conseil régional, boit du petit lait : « La vérité, c'est que derrière tout cela, il y a des conflits d'intérêt. Nous en reparlerons à l'occasion de la campagne pour les législatives », promet le frontiste Steeve Briois. Anne-Sophie Taszarek, dans le groupe d'opposition Majorité présidentielle, reste plus factuelle. « Je demande une transparence totale sur le CV et les compétences de la candidate. »