« Nous devons passer à la vitesse supérieure »Anniversaire en fanfare pour Euratechnologies

Recueilli par Olivier Aballain

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Le numérique et le Nord-Pas-de-Calais : comment soutenir les entreprises du secteur ? Vaste programme sur lequel planchait mardi le Conseil économique social et environnemental (Ceser). Le président du Pôle numérique régional, club d'entreprises du secteur, livre ses ambitions.
Les entreprises du numérique, c'est l'avenir du Nord-Pas-de-Calais ?
Depuis trois ou quatre ans, les entreprises nordistes ont compris ce que pouvaient leur apporter le numérique. Pour nous, c'est une source de débouchés très intéressante. Par exemple sur un projet BTP comme le grand stade de Lille, sept entreprises numériques régionales ont réussi à se greffer sur des thématiques allant de la billetterie électronique à la signalétique. Dans la distribution aussi, Auchan fait appel à des acteurs régionaux pour son portail auchan.fr. Et tous les pôles de compétitivité passent par le numérique.
Y a-t-il encore des freins ?
Il manque du capital pour investir. La région a rattrapé son retard sur la création d'entreprise. Mais nous devons passer à la vitesse supérieure, aider les start-up à grandir. Sauf que dans la création numérique, dans le jeu vidéo, nous sommes en concurrence avec Hollywood ! Une aide de 15 000 €, c'est bien, mais ça ne suffit pas. Pour répondre à un appel d'offres mondial, il faut parfois une maquette à 500 000 €. Il est temps de sortir de l'artisanat.
Qui peut investir ?
La région, qui projette un fonds de 15 ou 20 millions d'euros, c'est déjà bien. L'an dernier, nous avons aussi attiré 20 millions auprès de capital-risqueurs privés en organisant un tour de table collectif, le Financial IT days. Se regrouper pour décrocher de gros projets, ça peut être une bonne méthode.Euratechnologies fête ses trois ans dans l'euphorie. Inauguré le 16 mars 2009, le parc technologique lillois joue son rôle de locomotive numérique. Le nombre d'entreprises a quasiment doublé, passant de 60 à 117, une tendance logiquement suivie par le nombre de salariés qui a grimpé de 800 à 1 600. Vingt-cinq nouvelles entreprises et 500 emplois ont été créés au total, et cinquante-quatre boîtes en devenir sont passées dans le programme « incubateur ». Pour Raouti Chehih, directeur du parc, l'une des raisons du succès tient aux contacts qu'il favorise : en trois ans, le taux de collaboration inter-entreprises a quadruplé. Fin mars, Euratechnologies a d'ailleurs inauguré ici un nouvel outil « partagé » : une salle de visioconférence publique gérée par le géant indien Tata communications et qu'on ne trouvait en France qu'à Paris. Pour 350 € l'heure, les entrepreneurs peuvent organiser des tours de table virtuels entre Dubaï, Lille et Los Angeles. Pour l'avenir, Pierre de Saintignon, vice-président de Lille métropole, espère accueillir 400 entreprises sur 150 000 m2 de surface. Il y a encore de la marge.O. A.