Le docteur Guéniot à la barre aujourd'hui

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Le tribunal correctionnel de Lille examine jusqu'à demain les responsabilités, dans le décès d'une jeune femme, de deux médecins et d'un couple à l'époque tous membres du Graal, un mouvement répertorié comme groupe sectaire dans deux rapports parlementaires. Plus de dix ans après les faits, les accusations d'homicide involontaire et de non assistance à personne en danger seront contestées à la barre par les quatre prévenus.

L'enquête a débuté à la suite d'une dénonciation de l'Association de défense des familles et de l'individu (Adfi). Cette association antisecte avait été alertée par la mère et l'époux d'Evelyne Marsaleix, décédée en 1997 d'un cancer du sein.

Désemparée par la lourdeur des traitements à subir, cette mère de deux enfants s'était tournée vers des thérapies alternatives dont un jeûne hydrique suivi au domicile d'un couple de Tourcoing. Gérard Guéniot, 60 ans, homéopathe et acupuncteur madeleinois, ex-représentant du Graal dans le Nord, et Michel Saint-Omer, 59 ans, un médecin de Tourcoing radié dès 1997, ont-ils influencé la patiente ? « Le Graal n'a rien à voir dans ce dossier. Il ne faut pas faire d'amalgame », considère François Jacquot, l'avocat du docteur Guéniot. Ce dernier dirige aujourd'hui un centre de bien-être à Tournai. Il fait également l'objet d'une instruction ouverte en octobre 2005 en Belgique pour exercice illégal de la médecine et escroquerie.

F. Lépinay

Sanctionné en 2002, dans un autre dossier, à trois ans d'interdiction d'exercer, le docteur Gérard Guéniot se dit persécuté. Selon lui, il est victime de l'acharnement de l'Adfi, partie civile avec la famille de la victime dans le procès qui s'ouvre aujourd'hui. Il n'a jamais été condamné ni en France ni en Belgique.