Karine Duchochois : «Il faut que les enfants soient indemnisés»

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Interview de Karine Duchochois, acquittée d'Outreau et vice- présidente de l'association Parole d'enfant.

Vous venez de créer une association qui défend les droits des enfants dont les parents ont été victimes d'erreurs judiciaires. Comment ça se passe ?

On leur apporte un soutien scolaire. Des avocats les défendent bénévolement. Nous comptons aussi mettre en place, dès septembre, une cellule d'aide et de suivi psychologique avec l'aide de l'association Psychologue du monde et d'un psychanalyste.

D'où est née l'idée de cette association ?

C'est Nathalie Kaas qui m'a contactée. Alors qu'elle était enfant, son père a été incarcéré pendant trois ans, puis acquitté. Elle a donc été victime. Dans mon cas, c'est mon fils qui l'a été quand j'ai été soupçonnée dans l'affaire d'Outreau. On me l'a enlevé pendant trois ans.

En quoi les enfants deviennent-ils victimes ?

Quand des parents sont incarcérés, il faudrait que les enfants puissent rester dans leur famille. Mon fils a été placé en famille d'accueil alors que des proches étaient prêts à le garder. Une fois acquittée, j'ai mis six mois à le récupérer. Aujourd'hui, il a 10 ans, il ne fait plus rien à l'école. Il est traumatisé.

Vous avez un projet de loi à ce propos. De quoi s'agit-il ?

Nous voulons que les enfants soient indemnisés. L'argent ne fait pas tout. Mais il servirait à reconnaître que les enfants sont des victimes collatérales. Nous avons exposé cette idée à plusieurs ministres, qui l'ont jugé intéressante.

Recueilli par Fanny Bertrand

Infos : 08 75 29 42 85

ou enfantdevictime@gmail.com

Chaque année, 500 familles sont victimes d'erreurs judiciaires. L'association a déjà pris en charge une dizaine d'enfants.