Les découvertes d'armes à feu se sont multipliées

Gilles Durand

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On recense 96 découvertes d'armes à feu en 2011.
On recense 96 découvertes d'armes à feu en 2011. — M.LIbert / 20 Minutes

La semaine dernière, il s'agissait d'un fusil-mitrailleur yougoslave et un fusil à pompe dans l'immeuble Marcel-Bertrand, à Lille-Moulins, selon Nord-Eclair. Dans le secteur de Lille*, les découvertes d'armes à feu augmentent : 69 en 2010 et 96 en 2011, selon le syndicat Unité-Police. « Ce n'est, hélas, pas une nouveauté, reconnaît Benoît Lecomte, du syndicat Alliance. On sait qu'il est relativement facile de se procurer des armes qui viennent souvent des pays de l'Est ».

« Conquérir des territoires »
Or, derrière les armes se glissent les trafics de drogue. « Une grosse partie des découvertes est liée à des enquêtes sur les stupéfiants, précise Thierry Depuyt d'Unité-Police. Les réseaux sont bien armés et luttent pour conquérir des territoires, comme ce fut le cas récemment à Villeneuve-d'Ascq, près des universités ». Les principaux quartiers lillois touchés sont, aujourd'hui, Moulins et le Faubourg de Béthune, selon Unité-Police. Avec une recrudescence du trafic d'héroïne et de cocaïne « qui touche tous les publics et toutes les générations », note Thierry Depuyt. Le phénomène inquiète les policiers. « Les enquêtes sont de plus en plus longues et complexes, lance Benoît Lecomte. On ne peut pas perquisitionner après 21 h par exemple. Il faut repenser le code de procédure car la police est trop bridée et passe à côté de beaucoup d'affaires. » Contactée, la direction de la sûreté publique n'a pas souhaité s'exprimer.
* Lille, La Madeleine, Marcq-en-Barœul,
Villeneuve-d'Ascq, Wattignies et Lomme.

Factices

D'après le syndicat Unité-Police, les policiers retrouvent de plus en plus souvent des armes factices et des répliques lors des perquisitions. « Elles sont probablement utilisées lors de braquages », souligne le syndicat.