Dialogue en benne chez Esterra

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Le conflit chez Esterra se radicalise de part et d'autre. Alors que deux salariés licenciés sont en grève de la faim depuis le 2 mai, deux autres employés de la société de collecte des déchets, dont un délégué syndical fraîchement élu au CE, viennent d'être mis à pied. Omar Bilem, le délégué du Sgad (Syndicat général des activités du déchet) et David Moreau sont convoqués les 9 et 12 mai pour des entretiens préalables à une éventuelle mesure de licenciement.

La direction leur reproche notamment d'avoir adopté une attitude injurieuse et agressive à l'encontre d'un autre salarié. « C'est faux, se défend Omar Bilem. La direction allume plusieurs feux afin de limiter notre soutien auprès des deux grévistes. » Et David Moreau, son collègue, d'ajouter : « On ne sait même pas qui est la personne que l'on aurait agressée. J'envisage la possibilité de porter plainte pour dénonciation calomnieuse. »

Du côté de la direction, on préfère s'en tenir aux faits. «Les deux affaires ne sont pas liées. Ces salariés ont eu une attitude inadmissible. La procédure est normale », plaide Michèle Lecomte, du bureau de la direction. Selon Omar Bilem, l'affaire, loin de toute «normalité», témoignerait en fait d'une connivence de la communauté urbaine de Lille (LMCU) dont Esterra est prestataire de services. « Nous ne sommes pas soutenus par la LMCU. Lorsque l'on connaît les relations qu'entretiennent les élus avec la direction d'Esterra, on comprend pourquoi. » « Cette supposition est ridicule, rétorque Michèle Lecomte. Simplement, Lille Métropole n'a pas vocation à intervenir dans la gestion de notre personnel. »

Vincent Vantighem

Christian Andrieux, l'un des licenciés en grève de la faim depuis le 2 mai, n'avait, hier, pas donné de nouvelles depuis 24 heures. Vendredi, il avait été admis au CHR de Lille après un accès de faiblesse.