Chantage autour d'un chantier de fouilles

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Les archéologues n'auront pas droit de cité, cet été, sur l'ancien site de l'abbaye cistercienne de Marquette-lez-Lille. Alors que les pièces des précédentes fouilles étaient exposées pour la première fois ce week-end à Marquette, l'entreprise Rhodia a fait savoir qu'elle ne tenait pas à la reprise des travaux archéologiques sur les terrains qui lui appartiennent. « Rhodia [qui a fermé son unité sur place fin 2005] attend une participation des collectivités au reclassement des salariés et à la revitalisation du site, selon Philippe Cousin, le directeur de cabinet du maire. C'est du chantage. » La situation déçoit les experts, dont Nicolas Dessaux, archéologue : « Le site est remarquable pour ses éléments de prestige et ses marques de vie quotidienne médiévale. » La municipalité, qui pense ouvrir un espace d'exposition permanent en 2007, espère encore un revirement. Contacté, Rhodia n'a pas souhaité s'exprimer.

C. B.

Des premiers sondages effectués en 2003 et en 2004 avaient notamment permis de mettre au jour 300 fragments du tombeau de Jeanne de Flandre, figure du 13e siècle. En mai 2005, Marquette-lez-lille obtenait l'autorisation de prolonger ces recherches avec trois nouvelles campagnes de fouilles.