Roubaix retient encore sa nuit

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Roubaix veut vibrer de jour comme de nuit. A 20 h 55, lorsque le centre commercial Espace Grand'Rue tire ses rideaux, la ville de 98 000 habitants, dont 9 000 étudiants, redevient bien calme. Trop calme. « Nous sommes pratiquement les seuls à ouvrir tard », constate Nicolas Mailon, assistant directeur du cinéma Le Duplexe, dont les 400 000 entrées par an restent en deçà des objectifs. « Le soir, nous n'avons pas autant de monde qu'un autre cinéma, explique-t-il. Nous avons été précurseurs du rétablissement d'une vie nocturne à Roubaix, mais d'autres doivent suivre. »

Même si, à l'ouverture du multiplexe, la municipalité avait envoyé un courrier incitant les établissements spécialisés à ouvrir plus tard, ses effets « n'ont pas été à la hauteur de ce que j'escomptais », regrette Fanny Bullaert, adjointe (PS) au commerce. A 23 h 30, à la fin de la dernière séance de cinéma, la plupart des bars et restaurants sommeillent déjà. Comme le Rivoli et le Terken qui ferment tous deux vers 21 h. «Tard, il y a peu de clientèle », note Jean-Paul Tombeux, responsable du Rivoli. « Après une certaine heure, mieux vaut se méfier », poursuit Christine Prez, patronne du Terken.

Mais les choses commencent à évoluer. Depuis trois semaines, le bistrot Petrus sert jusqu'à minuit. « Nous réalisons 40 couverts le soir sur nos 140 quotidiens, compte Christophe Barbier, le gérant. La clientèle locale ne trouvait pas où se restaurer à Roubaix. » Une initiative que Jacques Coulon, vice-président de la chambre de commerce et d'industrie de Lille Métropole, souhaiterait voir plus souvent : « Pour l'instant, seule Lille tire son épingle du jeu. Mais le versant nord-est doit aussi avoir son pôle d'activités nocturnes. »

Caroline Béhague

Les collectivités négocient actuellement avec la société Paris Store la création d'une Halle aux saveurs, espace de boutiques et de restaurants du monde, ouvert le soir et situé près du cinéma Le Duplexe.