Alain Tapié : «Quelqu'un cherche à me démolir!»

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Interview d'Alain Tapié, conservateur en chef et directeur du musée des Beaux-arts de Lille.

Votre bureau a été perquisitionné et vous avez été entendu mercredi au SRPJ de Lille. Que se passe-t-il ?

Je tombe des nues. J'ai été entendu plusieurs heures dans la journée de mercredi à propos d'un projet de convention contracté entre l'Association des amis du musée et la société de restauration Dupont afin de faciliter la prise en charge financière des réceptions. Cette convention n'a finalement jamais été signée. Elle est demeurée à l'état de brouillon. J'avais totalement oublié cette histoire.

Pourquoi cette brutale descente de police alors ?

Je ne comprends pas. On m'a appris que cette enquête avait été ouverte il y a plus d'un an à la suite de l'envoi au procureur d'une lettre de dénonciation sur ce fameux projet de convention. Aussi incroyable que cela puisse paraître, on me parle de faux en écriture pour un document qui n'existe pas. Mais je ne suis pas mis en examen. J'ai simplement été auditionné.

Règne-t-il un mauvais climat au musée ?

Il y a des gens qui n'apprécient pas mes projets. J'ai remis en ordre ce musée depuis mon arrivée en septembre 2003. Je suis quelqu'un d'avenir et d'ambition. Et dans ces cas-là, on se fait des ennemis.

Chercherait-on à vous nuire ?

Si quelqu'un envoie une lettre comme ça, c'est certainement pour me nuire. On cherche à me démolir en faisant courir des rumeurs sur mon travail au musée de Lille et à Caen, où j'ai travaillé dix-neuf ans, et où cela s'est toujours très bien passé.

Serez-vous présent au musée aujourd'hui ?

Bien sûr ! Le pire, ce serait de courber le dos. Moi, je n'ai absolument rien à me reprocher. Je n'ai pas de problème. Je vais établir la vérité sur les origines de cette plainte.

Recueilli par Frédéric Lépinay