Les juges jouent aux chaises musicales

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Les juges n'aiment pas s'attarder dans la région. Lorsque qu'ils sont affectés dans le Nord-Pas-de-Calais, souvent pour un premier poste, les magistrats n'y restent en moyenne que deux à trois ans. « Quand ils ne trouvent pas de travail en Ile-de-France, beaucoup de magistrats choisissent Lille pour son accessibilité », constate Philippe Bèle, un président du tribunal administratif de Lille soucieux de stabiliser sa juridiction. « Mais dès qu'ils peuvent, ils retournent à Paris ou dans leur région d'origine. » Du coup, les magistrats sont souvent jeunes et inexpérimentés. Un problème qui n'a pas échappé à la commission parlementaire sur l'affaire d'Outreau.

« Quand ils sortent de l'école, les juges sont bien formés, tempère Thierry Polle, délégué régional de l'Union syndicale des magistrats. L'affaire de Bruay – inculpation à tort, en 1972, du notaire de la ville et de son amie pour le meurtre d'une adolescente – a été traitée par un magistrat expérimenté, aussi critiqué que le juge Burgaud. Et les jeunes ont un dynamisme que n'ont pas les anciens. »

D'autant qu'au parquet de Lille, où les juges sont renouvelés d'un quart chaque année, les nouveaux arrivants sont souvent des majors de promo. « C'est l'une des juridictions les plus importantes de France et on peut y faire carrière, témoigne le procureur de la république de Lille, Philippe Lemaire, optimiste pour l'avenir. Depuis trois ans, Lille est redemandée par les magistrats qui n'ont pas pu l'avoir comme premier poste. » Le parquet de Lille pourrait retrouver un peu de stabilité.

Fanny Bertrand

Le Nord-Pas-de-Calais est l'une des régions qui compte le plus de tribunaux avec onze tribunaux de grande instance, deux cours d'appel et d'assises, vingt et un tribunaux d'instance et un tribunal administratif.