Grève de la faim solitaire chez Esterra

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Nul n'est prophète en son pays. Alors qu'ils entament aujourd'hui leur vingt-deuxième jour de grève de la faim, trois salariés de la société de collecte de déchets Esterra restent essentiellement soutenus par des organisations extérieures à l'entreprise. Leurs revendications (contestation de licenciements pour faute, de réductions de personnel et de la délégation au privé d'un service public) ont ainsi reçu le soutien successif des étudiants, de l'Union syndicale solidaire, du Comité des sans-papiers, et même de membres de la Ligue des droits de l'homme... Mais paradoxalement, à Esterra, aucun syndicat ne se mobilise, hormis celui des trois salariés grévistes, le Sgad. « Aucun commentaire sur cette affaire », précise la CGT. À la CFDT, André Colmant va plus loin : « C'est contre-productif. La société participe en ce moment à plusieurs appels d'offres pour conserver la collecte des déchets. Il y a un risque pour qu'on les perde. Le Sgad mélange tout. »

L'enjeu est de taille : les appels concernés portent sur un total d'environ 500 millions d'euros de prestations sur sept ans, à compter du 1er janvier 2007. Un autre paramètre pourrait contribuer à brouiller les pistes : les élections professionnelles, qui se tiennent les 1er et 2 juin à Esterra.

Olivier Aballain

Interdits d'entrée dans l'usine, deux des trois salariés grévistes de la faim se sont installés à l'extérieur, dans des camions garés rue de la Justice à Lille.