Coups troubles chez les pros du pot

©2006 20 minutes

— 

Soupe à la grimace au menu du Moulin de Lesquin et de La Taverne de la Bavière, à Lesquin. A la faveur de la revente de l'un des deux établissements, l'administration s'est aperçue que leur autorisation de servir des boissons alcoolisées, délivrée une dizaine d'années plus tôt, était illégale. Détail d'importance : l'une des deux licences IV frelatées aurait été cédée par Marc Lambelin, le président de la Fédération nationale des boissons (FNB), qui regroupe les fournisseurs des cafés-hôtels-restaurants... Selon le code de la santé publique, les deux établissements ne peuvent être titulaires d'une licence IV en raison de leur trop grande proximité avec deux cliniques, dont l'une est spécialisée en psychiatrie.

La Taverne, retranchée sur son activité restauration et séminaire, a fermé son pub. Et le Moulin tourne avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. « Je ne pourrai jamais revendre », s'insurge Pierre Lietaert, le patron du café-brasserie-tabac. Il se prépare au procès qu'il a intenté contre le cabinet immobilier qui lui a vendu l'affaire.

Pour son voisin de la Taverne, les hostilités sont engagées depuis jeudi dernier. Devant la 4e chambre civile du TGI de Lille, le patron de La Taverne, ex-dirigeant de Soldib, société lensoise de distribution de boissons, a réclamé un million d'euros à son ancien confrère Marc Lambelin, qu'il accuse de lui avoir cédé une licence illégale. Celui-ci n'a que sa bonne foi à plaider : « Je ne savais pas ». Le jugement a été mis en délibéré au 29 juin.

Frédéric Lépinay

A la campagne, le café est parfois niché près de l'église. Mais depuis 1961, le code des débits de boissons définit une distance minimale à respecter entre l'enseigne et un lieu de culte, un hôpital, un stade ou une école.