L'autisme au cœur d'une bataille judiciaire et politique

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La bataille judiciaire n'est pas finie. Sophie Robert, réalisatrice du documentaire Le Mur (voir encadré) compte faire appel aujourd'hui de sa condamnation à 28 000 €, prononcée il y a dix jours. Le tribunal de Lille avait estimé que son film, consacré au traitement controversé de l'autisme en France, portait atteinte à l'image et à la réputation de trois psychanalystes. De fait, leurs propos devaient être retirés du film. Dans son jugement, la présidente constate au vu des interviews intégrales que la réalisatrice n'a pas « respecté le sens des propos » et a « sorti plusieurs extraits d'interview de leur contexte ». La cour d'appel de Douai devra trancher.
En revanche, sur le terrain politique, les tenants de la psychanalyse viennent d'être désavoués par deux fois. Le mois dernier, la sénatrice (NC) Valérie Létard a rendu un rapport sur le plan autisme qui dénonce clairement le retard pris par la France sur les traitements de l'autisme. Or, l'approche française reste essentiellement psychanalytique. Plus radical, le député (UMP) Daniel Fasquelle a déposé à l'Assemblée une proposition de loi visant à interdire l'accompagnement psychanalytique des autistes au profit de méthodes comportementales, en vogue en Belgique et dans les pays anglo-saxons. « Il faut tirer bénéfice de leur expérience », souligne Valérie Létard, dans son rapport.

mutisme

Le Mur est un documentaire qui dénonce l'approche psychanalytique pour soigner l'autisme. Le postulat théorique de la psychanalyse est de placer l'origine des troubles dans la relation mère enfant. Ce sujet reste tabou. Pour preuve, le professeur Pierre Delion, spécialiste de l'autisme au CHR de Lille, n'a pas donné suite à notre demande d'interview.