Avocats lillois à la peine

Gabriel Thierry

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Mille avocats au barreau de Lille
Mille avocats au barreau de Lille — M. Libert / 20 Minutes

Les avocats font grise mine. Vendredi, le barreau de Lille fêtait avec entrain ses jeunes pousses, via le concours d'éloquence. Mais la réalité quotidienne est moins faste. « C'est précaire et on travaille beaucoup : l'avocat qui démarre à 3000 € net par mois, c'est un mythe », explique Me Thibault Lemaitre. A cette tendance s'ajoute, depuis « la mi 2009 », selon le bâtonnier Emmanuel Masson, les conséquences de la crise économique. « Notre métier, ce n'est pas seulement du contentieux, mais aussi de la création de valeur : on ressent donc le ralentissement économique », explique le bâtonnier.

Les revenus stagnent
De manière logique, le revenu des avocats lillois stagne – en France, en 2009, il a même baissé pour la première fois depuis trente ans. Avec la crise, les cabinets affrontent un redoutable effet de ciseau : charges en hausse face à des demandes de baisse de tarifs ou d'allongement des délais de paiement. A ce régime là, c'est la trésorerie qui trinque. Or, « il y a un raidissement des banques qui durcissent les prêts », se désole Me Jean-Yves Moyart.
A Lille, sept avocats font actuellement l'objet d'une mesure de redressement économique. C'est peu, sur le millier de professionnels inscrits, mais cela inquiète. « Nous sommes de plus en plus d'avocats alors que la population, elle, n'augmente pas aussi vite », admet Me Amélie Jany-Leroy, auparavant à la tête de la commission « Jeune barreau ». Tout le monde n'est pourtant pas logé à la même enseigne. Si les généralistes peuvent souffrir, les avocats spécialisés, en droit fiscal ou dans l'environnement, sont eux toujours très prisés. Mais attention à l'orage qui couve : A quelques encablures de Lille, à Douai, où il a fallu digérer la « fusion » avec les avoués, l'ancien bâtonnier a déjà prévenu, en septembre dernier : « Il y a trop d'avocats ».

Douai

La rumeur d'un déménagement de la cour d'appel de Douai à Lille revient régulièrement, sur fond d'économies budgétaires. Une fois de plus elle a été démentie, début janvier, lors de l'audience solennelle de rentrée de la cour d'appel.