Alain Creton : « Les cafés-concert ont besoin d'un statut »

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Interview d'Alain Creton, propriétaire du café Le Carré des Halles, à Lille.

L'Urssaf vous a sanctionné pour avoir défrayé les musiciens qui se produisaient chez vous, et vous comparaissez aujourd'hui en appel à Douai devant le tribunal des affaires de sécurité sociale. Que s'est-il passé ?

Les cafés-concert ont besoin d'un statut qui leur permettrait de faire connaître les groupes débutants que l'on ne peut pas se permettre de rémunérer comme des professionnels. Depuis 1982, le Carré des Halles les accueillait en les défrayant d'environ 150 euros par groupe.

Saviez-vous que ces défraiements au noir n'étaient pas légaux ?

Oui. Mon comptable m'avait prévenu. Mais comment faire ? Selon la loi, il faudrait payer chaque musicien au minimum 160 euros. Pour des formations rock débutantes, qui comptent quatre à cinq membres, c'est impossible.

Alors pourquoi faire appel ?

Je ne me sens pas coupable. Et je veux attirer l'attention sur ce problème. Cette cause a le soutien de plusieurs musiciens professionnels, comme Franck [Vandecasteel], de Marcel et son orchestre.

Pensez-vous aller plus loin ?

A la Cour européenne peut-être. En 2002, nous avons lancé une pétition et rencontré des élus, mais rien n'a changé.

Etiez-vous le seul café lillois à « défrayer » ses musiciens ?

Non. Mais mes ennuis avec l'Urssaf ont fait peur.

Les concerts au Carré des Halles, c'est terminé ?

Oui. Je viens en plus d'apprendre que je n'étais pas aux normes européennes phoniquement, et les travaux sont trop chers.

Recueilli par Esther Lefebvre

Le Carré des Halles fête ses 25 ans en musique et hors-les-murs. C'est « La fête O Tarés » vendredi et samedi dès 17 h à la Maison folie de Wazemmes, avec une dizaine de groupes. 10-15 euros . 03 20 54 61 23.