Procès des époux Lavier: Sexe, violences et inconscience

PROCES Innocentés dans le fiasco d'Outreau, les époux Lavier comparaissent pour maltraitance...

Gilles Durand

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Sandrine et Franck Lavier, à droite, nient les accusations de mauvais traitements sur leurs enfants.
Sandrine et Franck Lavier, à droite, nient les accusations de mauvais traitements sur leurs enfants. —

«On a eu du mal à créer des liens affectifs avec nos enfants».L'aveu est de Sandrine Lavier, hier, lors de son procès, en compagnie de son mari Franck, au tribunal de Boulogne-sur-Mer. Les deux acquittés d'Outreau comparaissaient pour maltraitance sur enfants et corruption de mineurs. L'an dernier, deux de leurs enfants, âgés alors de 10 et 11 ans, avaient fugué, accusant leurs parents de sévices. Lors de l'enquête, la police avait également découvert des vidéos montrant les époux, ainsi que quatre co-accusés, se livrer à des simulacres de rapports sexuels devant des enfants, lors de soirées arrosées.

Comportements obscènes

Entre jeux sexuels simulés et violences présumées, les relations entre les époux Lavier et ces deux enfants se révèlent compliquées. «Ils parlaient souvent de leur famille d'accueil», raconte Sandrine Lavier. Ils étaient, en effet, tout petits quand le couple a passé trois ans de prison en préventive dans l'affaire Outreau. «Notre erreur, c'est d'avoir refusé l'aide d'une assistante après notre libération», justifie Franck Lavier. Car les faits reprochés sont très graves: punitions humiliantes et violentes. «Les enfants restaient des heures à genoux sur un manche à balai», raconte la juge. Les époux nient.

A contrario, ils avouent «l'inconscience» de leur comportement lors de soirées d'ivresse. Dans les extraits des vidéos projetés lors de l'audience, on y voit les Lavier, en compagnie d'amis et de membres de la famille, adopter des positions obscènes auxquels assistent des enfants, parfois pris à partie. «C'est venu dans l'amusement», souligne Sandrine Lavier. «Et vous trouvez normal d'embrasser votre fille mineure à pleine bouche ?», tonne la juge. Dix-huit mois de prison avec sursis ont été requis par la procureure. La décision sera rendue plus tard. Les cicatrices d'Outreau se sont entrouvertes, hier.

Forme

Les avocats de la défense ont demandé la nullité de la procédure de garde à vue. La juge a décidé d'étudier cette demande sur la forme après l'examen des faits.