Gervais Martel gardé à vue

Olivier Aballain

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Gervais Martel avait déjà été entendu en novembre dernier.
Gervais Martel avait déjà été entendu en novembre dernier. — M. Libert / 20 Minutes

Retour à la case garde à vue pour Gervais Martel. Déjà entendu le 17 novembre, l'homme d'affaire nordiste, président du RC Lens, a été auditionné toute la journée d'hier dans des locaux de la Sécurité publique, à Marcq-en-Barœul, dans le cadre d'une enquête préliminaire menée par le parquet d'Arras. Selon le journal L'Equipe qui a révélé l'information, les auditions, menées par la brigade financière de la PJ de Lille, portent sur un prêt de 4 millions d'euros consenti en 2010 à Gervais Martel par deux entreprises régionales de BTP, Ramery et Rabot-Dutilleul.

Aides publiques
Cette somme devait servir à renforcer Gervais Martel dans le capital du club. En échange, un accès prioritaire à la rénovation du stade Bollaert aurait été promis aux entreprises, un deal légal tant que le projet restait privé.
Mais rien ne s'est passé comme prévu. Les 4 millions d'euros n'ont pas été utilisés pour l'objectif fixé, ce qui intrigue les enquêteurs. Et le coût de la rénovation du stade, évalué à 78 millions d'euros, a rendu indispensable l'intervention d'aides publiques (dont 25 millions d'euros de la région). Les trois plus hauts dirigeants de Ramery et Rabot-Dutilleul (dont les n°1 Michel Ramery et Jean-François Dutilleul) ont également été placés en garde à vue hier, comme la femme de Gervais Martel et le secrétaire général du club. Dans un communiqué, le groupe Ramery a indiqué que « le prêt (...) [avait] été fait dans le respect de l'intérêt social du groupe et mentionné en toute transparence dans [les] comptes ». Rabot-Dutilleul a également parlé d'un prêt consenti « à des conditions habituelles ». La garde à vue du président du RC Lens se poursuivait encore hier soir. Le parquet d'Arras doit communiquer aujourd'hui.