La drogue se fond dans les quartiers

Gilles Durand

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En 2008, une équipe du GIPN était intervenue à Lille Sud pour démanteler une équipe de trafiquants.
En 2008, une équipe du GIPN était intervenue à Lille Sud pour démanteler une équipe de trafiquants. — M.Libert / 20 Minutes

Trafic de drogues en hausse. Réuni samedi, le conseil local de de sécurité et prévention de la délinquance (CLSPD) de Lille s'est trouvé un nouveau fléau à combattre. L'an dernier, il s'agissait des cambriolages dont le nombre avait fortement progressé. Cette fois, ce sont les trafiquants de stupéfiants qui mobilisent l'attention de la police et de la justice. Un groupe thématique sur le sujet va même être créé au tribunal de Lille. « Depuis quelques mois, on assiste à une augmentation des trafics organisés et de la violence qu'ils génèrent », s'inquiète Roger Vicot, adjoint (PS) à la mairie de Lille, chargé de la sécurité. Notamment dans les quartiers de Faubourg de Béthune et Moulins. «  En 2009 et 2010, ces trafics se cristallisaient à Lille Sud, mais l'action de la police de proximité, l'unité territoriale de quartier, a mis un coup d'arrêt dans ce quartier, alors les trafiquants ont changé de territoire », explique l'élu lillois.

« Il n'y a plus de limites »
« Lille est une étape sur la route européenne des stupéfiants », avoue Didier Perroudon, directeur départemental de la sécurité publique. En septembre, plusieurs opérations de police, au boulevard de Metz, avaient permis l'arrestation de plusieurs trafiquants présumés, mais aussi mis à jour un arsenal militaire impressionnant, avec des armes de guerre. « Il n'y a plus de limites, reconnaît le procureur de Lille Frédéric Fèvre. La semaine dernière, l'affaire de Fives* montre qu'on peut tuer pour quelques euros ».
La lutte s'avère aussi de plus en plus compliquée pour la police. « Les enquêtes sont longues et complexes car les trafiquants s'adaptent en permanence à nos méthodes », remarque Didier Perroudon. Les réseaux sont, ainsi, de mieux en mieux organisés avec des guetteurs et des intermédiaires qui brouillent les pistes, constatent les forces de police sur le terrain. « Et pendant que nous enquêtons, la population a l'impression que nous ne faisons rien », souligne Didier Perroudon. La justice, en tout cas, n'a pas chômé : en 2011, il y a eu une augmentation des jugements à Lille.