L'autoroute sur une mauvaise voie

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L'A 24, oui, mais pas dans mon jardin. De plus en plus d'élus de la métropole lilloise semblent s'engager sur cette bretelle, alors qu'une des réunions de concertation sur le tracé de l'autoroute Amiens-Belgique est programmée ce soir à Lille. Une tendance « Nimbyste » – de l'anglais « Not in my backyard » (Pas dans mon jardin) – qui fait le bonheur des opposants au projet.

Le 24 mai 2002, la quasi-totalité des conseillers de la LMCU (sauf les Verts) votait pourtant un avis soulignant le caractère « essentiel » de l'A 24. Mais quatre ans plus tard, les fuseaux contenant le futur tracé se précisent : un passage à l'ouest de la métropole pour rallier la RN 58 belge via le pont du Badou, un autre plus proche de la zone urbaine, qui aboutit sur l'A 22 au niveau de Roncq. Et la majorité de se fissurer.

Yves Durand, maire (PS) de Lomme, avoue franchement avoir changé d'avis : « Des deux tracés, je n'en veux aucun car ils ne permettent pas de décharger le trafic de l'A 1. » Paul Astier, maire (UMP) de Bondues, et Marc-Philippe Daubresse, maire (UMP) de Lambersart, militent quant à eux pour le tracé du pont du Badou, qui a l'avantage d'éviter largement leurs communes... « L'autre tracé fera plus de dégâts sur l'environnement, et menace de nombreuses cultures maraîchères », explique Marc-Philippe Daubresse. Mais le pont du Badou a aussi ses opposants, dont les trente et un maires de communes des Weppes qui ont déjà signé une pétition anti-A 24... Pour les élus non plus, les réunions de concertation ne seront pas de trop.

O. A.

La réunion publique lilloise, l'une des six organisées dans la région, se tient ce soir à 19 h au Grand Palais. Elle doit aider le ministre de l'Equipement à trancher. Rens. : www.concertation-a24.fr